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G7 de l'environnement à Bologne, la "désolidarisation" des Etats-Unis sur la question du changement climatique

Portrait de Pr. Philippe WECKEL
Soumis par Pr. Philippe WECKEL le dim, 06/18/2017 - 00:01

Faute d'accord avec le Président Trump lors du sommet du G7 à Taormine à la fin du moi de mai, c'est au niveau ministériel qu'une déclaration substantielle a été adoptée à la réunion de Bologne le 12 juin. Au sommet le Président s'était dérobé en annonçant qu'il rendrait son arbitrage sur l'Accord de Paris dans le courant de la semaine. Le 1er juillet, par la déclaration de Rose Garden White House M. Donald Trump a rompu l'accord en question, tout en offrant de le renégocier. La réunion de Bologne a été engagée dans ce contexte marqué par la volonté des Etats-Unis d'ouvrir des discussions sur la base de leur nouvelle position et par le refus des 6 partenaires de les écouter. 

Le G7 a bien adopté une longue et substantielle déclaration sur l'environnement qui traduit un large accord sur de nombreux points entre les 7 Etats. Le point 2 retiendra particulièrement l'attention, parce qu'il porte sur le réchauffement climatique. Ce premier contact entre la position multilatérale et les Etats-Unis en rupture de ban dessine la situation de ces-derniers pour les années à venir : ils n'ont pas été admis à discuter du contenu de la déclaration en ce qui concerne le rehausement climatique. Leur rupture de l'Accord n'y est pas mentionnée et l'irréversibilité de l'engagement est au contraire affirmée. On a tout-de même toléré l'indication de leur opposition au texte par une note de bas de page. Elle y figure donc comme une référence extérieure au document.

Le communiqué du représentant des Etats-Unis n'est pas moins instructif. Celui-ci persiste dans la volonté de dialogue et il estime que l'Accord n'est pas la seule voie du progrès dans la lutte contre le réchauffement climatique. En somme les Etats-Unis qui ne renoncerait pas à leur leadership dans ce domaine feraient le choix de l'action unilatérale sur le plan national. On comprend qu'ils établissent ainsi une analogie entre leur retrait du protocole de Kyoto et leur rupture actuelle de l'Accord de Paris. Toutefois la différence entre les deux époques est fondamentale, parce qu'entre temps un accord universel a été réalisé. Cette implication universelle rend l'accord irréversible, c'est-à-dire qu'une rupture de ban n'affecte pas la volonté d'aller de l'avant. Elle ne peut avoir d'autre conséquence pour les autres Etats que de les amener à se partager le fardeau abandonné par l'Etat en "désolidarisation". La situation est inédite, mais elle correspond bien à un engagement solidaire répondant à un impératif collectif :

"Nous allons probablement rehausser nos propres objectifs de réduction d’émissions de gaz. En tout cas les accélérer dans le calendrier".

Nicolas Hulot, ministre français de l'environnement.

 

SENTINELLE, Bulletin n°507 du 11.06.2017 "Etats-Unis, rupture de l'Accord de Paris sur les climats", Philippe Weckel

 

DOCUMENTS

06/12/2017

Bologna, Italy – Today, U.S. Environmental Protection Agency Administrator Scott Pruitt announced that the United States stands firm on its decision to withdraw from the Paris Agreement and has reset the conversation about climate change reflective of the new priorities of the Trump Administration and the expectations of the American people. 

“Respective of the importance to engage with longstanding allies and key international partners, we approached the climate discussions head on from a position of strength and clarity. We are resetting the dialogue to say Paris is not the only way forward to making progress. Today's action of reaching consensus makes clear that the Paris Agreement is not the only mechanism by which environmental stewardship can be demonstrated. It also demonstrates our commitment to honest conversations, which are the cornerstone of constructive international dialogue, " said Administrator Scott Pruitt.

While a party to the communiqué, the United States did not join the climate change sections, explicitly stating:

We the United States of America continue to demonstrate through action, having reduced our CO2 footprint as demonstrated by achieving pre-1994 CO2 levels domestically. The United States will continue to engage with key international partners in a manner that is consistent with our domestic priorities, preserving both a strong economy and a healthy environment. Accordingly, we the United States do not join those sections of the communiqué on climate and MDBs, reflecting our recent announcement to withdraw and immediately cease implementation of the Paris Agreement and associated financial commitment. 

The United States and its G7 counterparts found common ground engaging in robust and constructive dialogue regarding other, equally important environmental issues. The United States joined consensus throughout the communiqué including the sections discussing resource efficiency, marine litter, and environmental policies and jobs.

“The United States will continue to show leadership by offering action-oriented solutions to the world's environmental challenges. We have indicated a willingness to engage on an international stage that stands to greatly benefit from American ingenuity, innovation, and advanced technologies. We have already demonstrated significant progress towards mitigating environmental problems and we will continue to develop these for the benefit of all nations," Administrator Pruitt said.

 

German Federal Minister for the Environment, Nature Conservation, Building and Nuclear Safety, Barbara Hendricks and Governor of California, Jerry Brown 
June 9, 2017 – San Francisco, CA