Vous êtes ici

L’Initiative de l’Afrique sur les énergies renouvelables entre dans sa phase d’action

Soumis par Gabin EYENGA le dim, 03/19/2017 - 07:04

Introduction

Le 4 mars 2017, s’est tenu à Conakry (Guinée), la deuxième réunion du Conseil d’administration de l’Initiative de l’Afrique sur les énergies renouvelables (IAER- acronyme anglais AREI). Sous la présidence du Pr. Alpha Condé, président de la République de Guinée et par ailleurs coordinateur des énergies renouvelables en Afrique, les membres du conseil d’administration ont retenu 19 projets en vue d’un lancement immédiat de leur exécution.

Communiqué - Adoption par le Conseil d’administration de l’Initiative africaine pour les énergies renouvelables des 19 premiers projets

Cette réunion à laquelle a participé Mme Ségolène Royal, présidente de la COP 21 et membre dudit conseil était justement consacrée à la levée de fonds nécessaires pour la réalisation de ces projets.

L’Initiative de l’Afrique sur les énergies renouvelables a été lancée par les Chefs d’Etats et de gouvernement africains le 1er décembre 2015, lors du sommet « Défi climatique et solutions africaines », organisé en marge de la COP 21 par le Président de la République de France, François Hollande.

SENTINELLE, Bulletin 455 du 6.12.2015, “COP 21 : Un mini-sommet pour régler « une dette écologique » envers l’Afrique”, Emmanuel MOUBITANG

Cette Initiative vise à accélérer la domestication de l’énorme potentiel des énergies renouvelables du continent africain (10.000GW de capacité de génération solaire, une capacité éolienne de 109 GW, une capacité hydraulique de 350 GW et une capacité géothermale de 15 GW environ). Cela en fournissant 10 GW de capacité additionnelle et nouvelle de production d’énergie à partir des sources d’énergies renouvelables d’ici à 2020. A terme, ce sont 300 GW qui sont visés d’ici à 2030.  L’initiative est menée par la commission de l’Union africaine, l’agence du nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), le Groupe des négociateurs africains, la Banque africaine de développement, le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), ainsi que l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA). L’IAER a officiellement commencé ses activités lors de son 1er conseil d’administration, le 29 janvier 2017. Sa mise en œuvre est assurée par une unité indépendante de mise en œuvre logée à la Banque africaine de développement. Cet organe joue le rôle de secrétariat pour le conseil d’administration  et le comité technique, composé d’expert de haut niveau en matière d’investissement et de développement dans le secteur de l’énergie sur le continent africain. La Banque africaine de développement quant à elle joue le rôle de fiduciaire. Elle gère les fonds et les investissements de l’IAER.

L’IAER est en fait un mécanisme institutionnel facilitant la mobilisation des financements nécessaires pour lutter contre les changements climatiques en Afrique (A). Elle participe à la mise en œuvre des engagements des Etats en matière de réchauffement climatique (B).

 

A - IAER : un mécanisme institutionnel facilitant la mobilisation des financements nécessaires à la lutte contre les changements climatiques

L’Afrique est le continent le plus vulnérable aux effets du changement climatique. Son taux d’accès à l’électricité est l’un des plus bas au monde (37% pour l’Afrique subsaharienne).  Cette situation est d’autant plus préoccupante que ces effets sont capables d’anéantir la plupart des progrès déjà réalisés en matière de développement. L’IAER représente ainsi, en plus des autres initiatives visant à lutter contre les réchauffements climatiques (Partenariat Afrique-UE pour l’énergie (PAEE), Power Africa (lancé par le président Barack Obama juillet 2013), le Consortium pour les infrastructures (ICA), etc.), une action mondiale en vue de permettre au continent africain de répondre au double défi du changement climatique et de son développement.   

Dès son lancement lors de la COP 21, 10 bailleurs (G7 et UE, Pays-Bas et Suède) s’étaient engagés à mobiliser 10 milliards de dollars d’ici 2020 pour contribuer à atteindre ses objectifs. Une liste 240 projets représentant une capacité totale installée 45.4 GW avaient également été recensés par la présidente de la COP 21 dans un rapport sur l’IAER.

Rapport initiative africaine sur les énergies renouvelables

La réunion du 4 mars dernier a permis au conseil d’administration de mobiliser pour la réalisation des 19 projets retenus, 4 Milliard d’euros d’investissement et 300 millions d’euros de dons de la Commission européenne. Le conseil d’administration de l’IAER, composé de trois codirigeants ( S.E Alpha Condé coordinateur des énergies renouvelables  pour l’Afrique, du Président de la Commission de l’Union Africaine et du Président du Groupe de la Banque africaine de développement), des représentants des sous-régions africaines (l’Egypte représentant l’Afrique du nord, la Namibie l’Afrique australe, le Tchad l’Afrique centrale et l’Ethiopie l’Afrique de l’Est), du président de la COP 21 (Mme Ségolène Royal) et du représentant de la Commission de l’UE, est en fait un instrument devant permettre de mobiliser les fonds promis par les pays développés pour le financement des actions permettant de lutter contre les changements climatiques. A raison de sa nature politique et représentative, il a pour mission de mobiliser les fonds et autres ressources, technologiques en l’occurrence, promis par partenaires internationaux publics et privés ; superviser et établir des stratégies de mobilisations de ces ressources et aider les pays africains à formuler leurs demandes de financement auprès des diverses sources bilatérales (agences bilatérales de développement par exemple) et multilatérales (banques multilatérales de développement) offrant des modes de financements à vocation climatique. Le président Alpha Condé a déclaré sur ce point que

Nous allons demander à chaque partenaire de dire exactement le montant qu’il mettra d’ici un à deux mois.

La présidente de la COP 21 a également manifesté son intérêt dans la mobilisation des partenaires financiers en ces termes

Cette réunion de Conakry est très importante. Je suis là pour vérifier que les bailleurs de fonds tiennent bien leurs engagements et pour aider au démarrage des projets. Je crois que les choses vont dans les bonnes directions.

Le conseil de l’IAER a également pour rôle de donner une impulsion pour capitaliser rapidement le Fonds Vert pour le climat, et les autres sources de financement à vocation climatiques prévues dans le cadre du mécanisme financier de la CCNUCC : le fonds spécial pour les changements climatiques et le fonds pour les pays les moins avancés, tous les deux gérés par le Fonds pour l’environnement mondial. Toutes ses actions contribueront ainsi à l’exécution par les Etats, de leurs engagements en matière de réchauffement climatique contenus dans les instruments internationaux y afférents.

  

B - IAER : un outil permettant la mise en œuvre par les Etats de leurs engagements en matière de réchauffements climatiques

La COP 21 a permis l’adoption de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement climatique

Accord de Paris 

Cet Accord (article 2) vise à limiter la hausse de la température de la planète en dessous de 2°C par rapport aux périodes préindustrielles (1880-1899). Pour atteindre cet objectif, les Etats ont ainsi fixés l’objectif de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) de 50% d’ici 2050 et de 100% d’ici 2100. Les pays développés ont également pris l’engagement de fournir des

…ressources financières pour venir en aide aux pays en développement Parties aux fins tant de l'atténuation que de l'adaptation dans la continuité de leurs obligations au titre de la Convention (article 9 de l’Accord de Paris).

Car en effet, les besoins de financements de l’Afrique nécessaires pour financer leur développement durable dépassent largement les ressources disponibles. Le Programme des Nations Unies pour l’environnement a avancé que le coût moyen annuel de l’adaptation de l’Afrique au changement climatique inévitable atteindrait 7 à 15 milliards de dollars us par an. Selon lui, 11 milliards de dollars us seront ainsi nécessaires d’ici à 2020. La fourniture des ressources financières nécessaires à réalisation des projets retenus dans le cadre de l’IAER participe ainsi aux respects des engagements tant des pays développés  que de ceux des pays en développement, contractés dans l’Accord de Paris.

En outre, l’IAER est également un moyen permettant aux Etats membres des Nations Unies de respecter les engagements pris dans le cadre des Objectif de développement durables. L’IAER a d’ailleurs pour objectifs :

  • aider à la réalisation des objectifs du développement durable, à renforcer le bien-être humain, et à appuyer un développement économique conséquent, en garantissant l’accès universel à des quantités suffisantes d’énergie propre, appropriée et abordable, et
  • aider les pays africains à sauter des étapes pour embrasser des systèmes d’énergies renouvelables qui puissent soutenir des stratégies de développement sobres en carbone tout en renforçant la sécurité économique et énergétique (IAER_Brochure).

L’IAER vise particulièrement l’atteinte des objectifs 7 et 13 des Objectifs de Développement Durable.

Objectif 7. Garantir l’accès de tous à des services énergétiques fiables, durables et modernes à un coût abordable

Objectif 13. Prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions

 

Documents relatifs à l’IAER

Rapport d’étape

Cadre IAER

Plan d’action IAER

Critères de sélection