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La coalition pour la paix en Syrie

Portrait de Pr. Philippe WECKEL
Soumis par Pr. Philippe WECKEL le sam, 10/29/2016 - 15:36

Pression diplomatique sur la Russie en faveur de la population d’Alepet question de l’utilisation d’armes chimiques - La réunion informelle de l’Assemblée générale sur la situation en Syrie (20 octobre) - La session spéciale du Conseil des droits de l’homme sur Alep (21 octobre 2016) - Les refus d'autorisation d'escale opposés à la flotte russe – L’éviction de la Russie du Conseil des droits de l’homme

 

 

Le Mécanisme d'enquête et d'attribution (UN-OPCW Joint Investigative Mechanism (JIM)) a rendu son quatrième rapport qui été discuté au sein du Conseil de sécurité le 28 octobre 2016.

S/2016/888 ; le rapport en français.

Comme on s'y attendait ce rapport apporte peu d'éléments supplémentaires et il confirme donc le précédent rapport rendu public en septembre.

SENTINELLE, Bulletin n°484 du 11.09.2016 ,"Le Mécanisme d'enquête attribue des attaques chimiques au régime syrien", Philippe Weckel

On relève néanmoins l'évocation de plans de vols de l'armée gouvernementale syrienne dont les autorités avaient jusqu'à présent nié l'existence. Comme l'affirme la direction du groupe d'experts cet élément de preuve sera, le moment venu, déterminant dans l'appréciation de la responsabilité du commandement. Alors que son premier mandat s'achève le 31 octobre, le Mécanisme a attribué trois attaques chimiques avec utilisation de chlorine aux forces gouvernementales syriennes et une attaque au gaz moutarde (ypérite) au groupe "Daech". Dans deux cas signalés aux experts aucun élément de preuve n'a été trouvé. S'agissant des trois autres allégations examinées, les preuves n'ont pas paru conclusives, mais le soupçon oriente vers l'armée syrienne. A ces neufs cas sur lesquels portent les conclusions du Mécanisme (JIM) cette année se sont ajoutés 14 nouvelles allégations d'attaques chimiques pour les derniers mois. Le renouvellement du mandat du JIM pour une année supplémentaire, comme le Secrétaire général en avait fait la demande dès septembre, semble donc prioritaire. A cet effet les Etats-Unis ont fait circuler cette semaine un projet de résolution qui pourrait être soumis au vote ce lundi 31 octobre qui est aussi le dernier jour de la présidence russe du Conseil de sécurité. 

Après cette étape viendra le moment de réagir aux conclusions du JIM et à la mise en cause du gouvernement syrien. Les Etats-Unis soulignent la nécessité de prendre une initiative face à la première utilisation d'armes chimiques par un Etat partie à l'OIAC. Ils envisagent donc une action au sein de cette instance. Un élément supplémentaire pourrait renforcer cette démarche. En effet il a été fait état devant le Conseil de sécurité cette semaine d'une possible dissimulation d'armes chimiques par la Syrie qui aurait donc manqué aux obligations qu'elle a consenties au sujet de la destruction de son arsenal chimique. Les prélèvements effectués par l'OIAC dans différentes installations syriennes ont révélé des activités non déclarées d'armes chimiques. L'Organisation estime par conséquent que la déclaration effectuée par la Syrie ne serait pas complète et exaxte. L'institution internationale n'est pas en mesure d'évaluer les quantités d'armes chimiques détenues par la Syrie avant son adhésion à la Convention sur l'interdiction des armes chimiques et la Syrie n'apporte pas d'explication plausible à la présence des agents chimiques détectés.

En raison de l'attribution de plusieurs attaques chimiques aux forces gouvernementales et de l'insuffisance de la coopération en vue du désarment chimique, la Syrie se trouverait en situation de violation patente des obligations que lui imposent les trois résolutions pertinentes du Conseil de sécurité : 2118, 2209 and 2235. Ces résolutions se réfèrent à l'article 25 de la Charte, mais elles prévoient explicitement que des mesures seraient prises sur la base du Chapitre VII en cas de manquement. 

A la suite de la diffusion du rapport du JIM la France a clairement fait savoir son intention de porter un projet de résolution visant la nécessité de poursuivre et de condamner les personnes responsables des attaques chimiques. Il est difficile, au moment où ces lignes sont écrites, de savoir comment cette initiative prendra finalement forme. En tout cas une nouvelle "salve" diplomatique contre la Russie est bien annoncée, visant, à défaut de pouvoir convaincre la Russie de ne pas opposer son veto, à montrer l'isolement de cette dernière dans le soutien incontionnel qu'elle apporte jusqu'à présent au gouvernement syrien. C'est cette stratégie par défaut que la diplomatie française a décrite comme la formation d'une "coalition pour la paix" :

Jean-Marc Ayrault sur France Inter : "La France veut créer une coalition de la paix" (10 octobre 2016)

Parce que l'escalade militaire est exclue, le seul moyen d'éviter que la population d'Alep Est ne soit décimée sous un bombardement comparable à ce que la ville de Grosny a subie lors de la seconde guerre de Tchetchénie est de convaincre le Président russe du coût diplomatique de son action en Syrie. Ni la force, ni les sanctions, ni l'isolement diplomatique ne peuvent être considérés comme une panacée. On n'attend donc  pas un miracle de cette démarche des impuissances initiée par la France qui est aussi la démonstration d'une "force" de la diplomatie. En attendant que se prépare la seconde salve justifiée par les manquements à l'interdiction absolue des armes chimiques, il est possible de constater quelques impacts de cette stratégie d'isolement. Il convient de rappeler que la France a poussé la Russie à opposer son veto et à déposer un contre projet de résolution : 

SENTINELLE, Bulletin 488 du 09.10.2016,"Conseil de sécurité et Syrie, l'échec de deux projets de résolution concurrents et la fin du théâtre de dupe", Philippe WECKEL

La Russie n'avait finalement obtenu que le ralliement du Venezuela à sa cause. La France avait donc atteint sa cible. Dans la foulée, le Président français a subordonné l'accueil de son homologue russe à Paris à une discussion sur la Syrie. Après le report de cette visite, c'est dans le contexte d'une réunion en "format Normandie" à Berlin le 19 octobre que M. Poutine a été entraîné dans une longue conversation animée avec Mme Merkel et M. Hollande sur la situation à Alep. D'autres manifestations de cette pression diplomatique exercée sur le chef de l'Etat russe peuvent être constatées :

 

  • La réunion informelle de l’Assemblée générale sur la situation en Syrie (20 octobre)

A l'occasion de cette réunion dont le Canada a pris l'initiative l'idée d'une session extraordinaire de l'Assemblée générale sur la question syrienne a été évoquée et pourrait prendre corps le moment venu. 

Secretary-General's remarks to Informal Meeting of the General Assembly on the Situation in Syria

A Alep, c’est la survie de 275 000 civils qui est en jeu : Réunion informelle de l’Assemblée générale - Intervention de M. François Delattre, Représentant permanent de la France auprès des Nations unies - 20 octobre 2016

Mesdames et Messieurs, appelons un chat un chat : si nous sommes réunis ici aujourd’hui c’est pour maximiser la pression politique de la communauté des nations sur le régime de Damas et ses soutiens afin que cesse le scandale d’Alep, avec son cortège de crimes de guerre. Mesurons bien ensemble l’extrême gravité des enjeux. Alep est à la Syrie ce que Sarajevo était à la Bosnie ou encore ce que Guernica était à la guerre d’Espagne : une tragédie humaine, un trou noir dans lequel sont broyées toutes les valeurs de l’ONU, mais aussi le signe annonciateur de terribles drames futurs si nous ne réagissons pas fortement.

 

  • La session spéciale du Conseil des droits de l’homme sur Alep (21 octobre 2016)

La résolution très vigoureuse a été adoptée par 24 voix contre 7 (Algérie, Bolivia, Burundi, Chine, Cuba, Fédération de Russie, et Venezuela) et 16 abstentions. Elle a donc recueilli une majorité absolue. La Russie a habilement présenté différentes propositions d'amendement, rédigées de manière à pouvoir rallier le plus grand nombre de soutiens. Elles n'ont pourtant recueilli qu'entre 8 et 13 voix parmi les 47 Etats membres du Conseil. 

Résolution adoptée par le Conseil des droits de l’homme le 21 octobre 2016 : S-25/1. Détérioration de la situation des droits de l’homme en République arabe syrienne et derniers faits nouveaux à Alep

Special Session of the Human Rights Council on the deterioration of the situation of human rights in the Syrian Arab Republic, and the recent situation in Aleppo

Le Conseil demande que la Commission d’enquête sur la Syrie procède à une enquête spéciale sur les événements survenus à Alep

 

  • Les refus d'autorisation d'escale opposés à la flotte russe en Méditerranée

Le mercredi 26 octobre l'ambassadeur de Russie à Madrid a retiré la demande d'autorisation d'escale déposée devant le ministère espagnol des affaires étrangères pour le porte-avions nucléaire russe Amiral Kouznetsov et son groupe naval de cinq navires. Quelques heures plus tôt, le Secrétaire général de l'OTAN, Mr Stollenberg, a déclaré :

 “It is up to each nation to decide, as has been NATO policy for many years, but we are concerned about the potential use of this carrier group to increase attacks against civilians in Aleppo".

“All allies are aware of our concerns.”

L'Espagne a réagi :

“The government of Spain is following with extraordinary concern the bombing of Aleppo and the humanitarian tragedy that is going on,”

La Russie a assuré que le porte-avion n'avait pas vocation à participer au bombardement d'Alep. Toutefois, le 28 octobre Malte a refusé à son tour l'accès au groupe naval russe. La mésaventure de l'unique porte-avion russe datant de l'ère soviétique rappelle les circonstances de la défaite de la Russie dans la bataille de Tsushima qui l'a opposée au Japon le 27 mai 1905. Le refus du passage par le canal de Suez et les difficultés de ravitaillement ont eu raison de la flotte russe avant même qu'elle n'entrât en contact avec son ennemi. La comparaison n'est pas grandement pertinente, mais l'envoi du groupe naval vers la Syrie, voulu comme une démonstration de force, a tout de même offert l'occasion de rappeler à la Russie la désapprobation dont est l'objet la campagne de bombardement sanglant sur Alep et, finalement une certaine dépendance stratégique de la Russie.

 

  • L'éviction de la Russie lors de l'élection au Conseil des droits de l'homme.

Même s'il n'aura manqué à la Russie que deux voix pour être élue le 28 octobre 2016 au Conseil des droits de l'homme l'échec est tout de même historique (La Russie a obtenu 112 voix sur 193). Il rappelle le précédent des Etats-Unis après l'intervention en Iraq de 2003. La "réintégration" des Etats-Unis n'avait pas été rapide. Pour apprécier la portée de cette non élection qui est une éviction, il faut tenir compte :

  • du mode de scrutin à la majorité simple qui permet de faire élire les Etats arrivant en tête. La Russie est donc arrivée derrière l'Afrique du Sud, l'Arabie saoudite, le Brésil, la Chine, la Croatie, Cuba, l'Égypte, les États-Unis, la Hongrie, l'Iraq, le Japon, le Rwanda, le Royaume-Uni et la Tunisie. 14 sièges sur les 47 que compte le Conseil étaient à pourvoir ;
  • de la répartition géographique des sièges. La Russie relève du groupe des Etats de l'Europe orientale. Elle a été devancée par deux Etats de l'Union européenne, la Hongrie et la Croatie. La Hongrie n'a pourtant pas une bonne réputation en matière de respect des droits de l'homme. Finalement l'élection de la Russie dépend du bon vouloir des Etats de l'Union européenne ;
  • la non élection du Guatemala considéré comme un soutien de la Russie est également significative.

L'Assemblée générale élit 14 membres au Conseil des droits de l'homme

http://www.un.org/en/ga/71/meetings/elections/hrc.shtml

 

DOCUMENTS

Press Statement Mark C. Toner

Deputy Department Spokesperson

Washington, DC

October 28, 2016

A little over a year ago, the UN Security Council voted unanimously, through Resolution 2235 (2015) to establish the Joint Investigative Mechanism (JIM) to determine attribution of confirmed chemical weapon use in Syria. The JIM, an independent, neutral expert panel conducted a year-long investigation into nine instances of confirmed or likely use of chemicals as weapons in Syria in 2014 and 2015.

The fourth and latest report from the JIM, publicly released today, found that the Syrian Arab Armed Forces used a toxic chemical as a weapon in a third incident, adding to the previous JIM report’s finding that the Syrian Arab Armed Forces used toxic chemicals as a weapon in two separate instances, in 2014 and 2015. Additionally, the JIM’s third report, released in August 2016, found that Daesh used a chemical as a weapon, specifically mustard gas, in 2015.

In the course of its independent investigation, the JIM conducted hundreds of interviews, pored over thousands of documents, and analyzed forensic evidence. Taken together, the JIM’s investigation corroborated what we have known for years: the Assad regime has systematically and repeatedly used chemical weapons against its own people. The Assad regime’s abhorrent acts violate Syria’s obligations under the Chemical Weapons Convention (CWC) and UN Security Council Resolution 2118 (2013).

The three incidents in which the JIM determined the Assad regime used chemical weapons all share the same terrifying signature—the use of helicopters to drop barrel bombs, filled with toxic chemicals, on civilian populations hundreds of feet below. In April 2015, doctors and first aid workers, who tended to civilians stricken by the effects of inhaling a toxic cloud of chlorine gas, briefed the UN Security Council with heart-wrenching testimonies about this attack and the devastation that has befallen so many civilians in Syria. The third report of the JIM found that Syrian forces had perpetrated this abhorrent attack in Sarmin in 2015, and again it found those forces responsible for a very similar attack in Talmenes in 2014. The fourth report of the JIM, discussed by the UN Security Council today, further names the Syrian Arab Armed Forces as the party to have used weaponized chlorine in Qmenas in 2015.

All those confirmed to have been involved in the use of chemical weapons in Syria must be held accountable. To date, however, a handful of countries continue to shield the Assad regime from the consequences of its own actions, even as evidence mounts of its confirmed use of chemical weapons. The time is now for Syria’s regime to face real consequences for its actions. The international community must uphold the strength and legitimacy of international law in the face of the first confirmed uses of chemical weapons by a State Party to the CWC. Inaction is simply not an option. To that end, we are working within the OPCW and the UN Security Council to extend the instrumental work of the JIM and to send a clear message that the use of chemical weapons will not be tolerated.

RT - Russian position on OPCW-UN JIM report on Syria

The OPCW-UN Joint Investigative Mechanism (JIM) has recently presented the UN Security Council with its third report, in which it alleges the Syrian Armed Forces were involved in two uses of chemical weapons in Syria.

While appreciating the significant amount of work done by the JIM and its experts, conclusions drawn by its leadership panel are hardly convincing. It has become obvious that due to objective reasons it had very little chance to conduct an effective investigation. One of the main problems was lack of access to the locations due to the dire security situation on the ground.

There are also other factors that have seriously affected the quality of the investigation, including it being carried out in some cases more than two years after the incident, some of the information was misleading, and sources of information were of second or third hand. The accusation against Damascus is mostly based on the testimonies of the “witnesses” handpicked by opposition NGO’s, and the assumption that nobody but the government forces in Syria have access to aircraft, which could be used to drop barrel bombs filled with chlorine.

Taking into consideration the gaps and inconsistencies in the report, one may conclude that there is insufficient evidence to state that any party, be it the government of Syria or even ISIS, was undoubtedly involved in the use of chemical weapons. It is also necessary to ask ourselves, what is the motive behind such an insignificant, from a military point of view, use of chlorine as a chemical weapon?

Such acts serve no purpose for Damascus in view of its possession of much more destructive conventional weapons and especially given the fact that no military operations to recapture towns mentioned in the report followed the incidents. Apart from the fact that such acts carry a clear hallmark of propaganda tailored to putting the blame on the Syrian government at pivotal moments of the ongoing civil conflict.

There are talks about the need to impose sanctions against Damascus on the basis of the JIM's conclusions. There are no grounds for such action which, above all, might be extremely detrimental for efforts aimed at a political settlement.

For more than two years Russia has been trying to draw attention of the international community to the fact that terrorist organizations have repeatedly used chemical weapons in Syria and Iraq. Together with China we proposed to adopt a brief and pragmatic UNSC resolution, which would have constituted a first step toward solving this issue. Considerations of a strictly political nature on the part of some of our colleagues in the Council have caused the international community to lose a minimum of two years that could have been spent in developing measures to address the threats and challenges of chemical terrorism.

Unfortunately, the time lost in pointless political rhetoric has also affected the work of both the OPCW and the JIM, and made it much harder for them to execute their respective mandates. Even now some of the proponents of imposing sanctions against Damascus blatantly call to turn a blind eye to chemical crimes committed by ISIS. Despite this shortsighted policy the time has come for serious action to address this problem.

 

Statement by Ambassador Vitaly I. Churkin, Permanent Representative of the Russian Federation to the United Nations, during the Security Council consultations on the 4th report of the JIM

We continue to carefully study the conclusions of the fourth report by the OPCW-UN Joint Investigative Mechanism (JIM). We can say already now that in most cases they are not substantiated by sufficient testimonial basis, first of all material proof, they are full of contradictions and therefore, unconvincing.

Our attitude to the conclusions of the third report including the fantastic case when the barrel landed vertically straight into a narrow hole is well-known. The JIM has added nothing new to this story, but for some reasons decided to readjust the initial conclusions on the incidents in Marea, Sarmin and Talmenes.

As we understand the conclusions of the JIM are not definitive, have no legally binding force and cannot serve as accusatory conclusions for taking legal decisions. This has been unambiguously affirmed in paragraph 6 of the report. It is unclear why the JIM Leadership clearly overstepped their mandate and tried in paragraph 52 to form an opinion in favor of holding accountable some individuals.

Damascus should carry out a comprehensive national investigation on chemical incidents confirmed by the JIM, as provided for in Article VII of CWC. We do not see any grounds for using the principle of exterritorial jurisdiction, against the provisions of the Convention, to avoid the creation of a precedent, which is absolutely unacceptable to the prevailing majority of the OPCW member states. As an example of proper implementation of relevant provisions of the Convention we can cite the national investigation of the facts of the use of chemical weapons in Iraq with the assistance of OPCW on the basis of the official request of Bagdad under Article VIII of CWC.

We note the due attention of the JIM in its fourth report to criminal activities in Syria involving the use of chemical weapons and toxic substances by non-state actors and terrorist organizations (paragraphs 49-51), such as “Jabhat al-Nusra”. We should emphasize that “Jabhat al-Nusra” controlled the Talmenes, Sarmin and Qmenas at the time when the chemical incidents under the JIM investigation happened there in 2014-2015. The authenticity of testimony under these circumstances raises serious doubts.

There are some inconsistencies in paragraph 51 of the report. In particular there is a question why the JIM has limited itself to the search of evidence of “Jabhat al-Nusra” access to chlorine and not the potassium permanganate (manganese) and hydrochloric acid during its investigation, which according to the information of the JIM itself had been used in Sarmin and Qmenas as components of the improvised binary chemical device that can produce exactly chlorine when it is exploded.

We regret that for more than two years we together with our Chinese colleagues fail to convince our partners in the UN Security Council in the need to adequately react to challenges, threats and actual recurrence of “chemical terrorism” in the Middle East. All our initiatives in this connection, including the relevant draft resolution have been consistently blocked by the “Western troika” of UNSC permanent members.

The JIM conclusion on the incident of 16 March 2015 in Qmenas raises a number of questions of principle.

The JIM has rejected the clarifications provided by Damascus regarding the non-involvement of the Syrian Air Force in this incident (the spill of chlorine occurred as a result of traffic accident when it was transported by the militants from Sarmin to Qmenas) just on the grounds that due to a different wind direction recorded at that time in that area (third report, paragraph 52 Annex VII) the chlorine cloud coming from Qmenas would have allegedly passed to the south of Sarmin.

This “meteorological” version of the JIM is absolutely inconsistent with the data that had been so emotionally voiced in the US Congress on 17 June 2015 by the head of the Sarmin field hospital Mohamed Tennary who was apparently invited to Washington to testify against “the atrocities of the Assad regime”. He asserted that on 16 March the cloud of chlorine-containing substances coming from Qmenas covered also the Western neighbourhood of Sarmin as a result of which 20 victims were dispatched to his hospital. These discrepancies raise legitimate doubts about the unambiguousness of the JIM conclusions.

Moreover we are also surprised that the management of the above mentioned hospital was unable to provide medical reports to confirm the death of the victims because of chlorine intoxication despite the photographic and video materials that they cynically “posted” in the Internet and demonstrated during the “hearings” in Washington and New York (UNSC, 16 April 2015). This happened after several inquiries of the OPCW Fact Finding Mission (FFM) on the use of chemical weapons in Syria and the JIM itself as it has been actually stated in the third report of the JIM (paragraph 49, Annex VII).

Turning back to the issue of “improvised” binary chemical munitions we note that in comparing subparagraph 3 of paragraph 20 of its fourth report, together with paragraph 45 of Annex VII of its third report it is not clear what were the grounds for the JIM to exclude any other effects, besides the chlorine intoxication, to explain the discolouration in Qmenas (chemical incident location #1). In fact this naturally occurring event could have taken place as a result of man-made activity, but not necessarily the use of “chemical warfare”, but due to increased temperature from the wildfire that was raging nearby.

In comparing the picture presented by the JIM from the sites where actually similar types of “improvised” binary chemical munitions were used in Sarmin and Qmenas we would like to raise another question: where did the remnants (granulated powder) of potassium permanganate which did not react with acid disappear after the explosion of the chemical device? In Sarmin according to video footage existing in the open sources such remnants were seen everywhere at the site where the chemical device exploded even in the places where their presence cannot be explained from neither physical viewpoint nor elementary logic.

Finally, let me comment on the issue of “improvised” binary chemical munitions. The very fact of the use of the binary chemical munitions by the Syrian Air Force described by JIM in its third and fourth reports raises serious doubts. Such “sophisticated” use of chlorine is simply meaningless even for psychological suppression of the enemy since only insignificant volumes of chlorine are produced as a result of uncontrolled outside laboratory reaction between potassium permanganate and hydrochloric acid. Even fragmentary knowledge of military science and elementary chemistry give the grounds to make an absolutely different conclusion – i.e. the involvement of terrorists and armed opposition in the above mentioned chemical incidents. Both should think about how all their chemical “experiments” on the civilian population would look like from the viewpoint of simple logic.

And lastly, let us recall that before Sarmin and Qmenas just one case was recorded when someone had used such type of exotic technologies for “chemical warfare” to synthesize the chlorine. In 2012 one of the Syrian extremist groups posted a video in the Internet with the threats to Syrian religious minorities to exterminate the “infidels” by chemical gases. To make it more vivid they demonstrated the killing of rabbits by chlorine that was obtained as a result of the absolutely similar chemical reaction. You can see this videotape at https://www.уоutube.соm/watch?V=рsmmnnckly4 with English subtitles and http://www.liveleak.соm/view?I=ео_1354913225 without subtitles.

Let us emphasize that the key factor that affected the quality of work of FFM and the JIM was the lack of access to the sites of chemical incidents in the territory controlled by the opposition, which they have been denied despite the requirements of paragraph 7 of UNSC resolution 2235. It was impossible to take samples and to store and process them in accordance with relevant standards.

After the attack of the militants against the FFM staff in Idlib province more that two years ago we have not heard about any attempt of the armed opposition or their sponsors to ensure the safe work of OPCW or JIM officers at the sites of chemical incidents which they continue to blame on the Syrian Air Force. This attitude is quite indicative.

As a conclusion, we believe that the experience of the JIM deserves attention since the international community has had an opportunity to obtain at least slight understanding of the threat of proliferation of toxic chemicals in the region in the situation of terrorist mayhem, limited government control and porous borders. We express our appreciation to the Leadership and the staff of the Mechanism for the work they have done. However, as the final reports have shown the JIM can hardly be able to provide the expected results within its narrow geographic and functional parameters. We need to think about an efficient response to the growing problem of chemical terrorism without being distracted to an artificial objective to find yet another sins to blame the Syrian government for. It is also important to correlate the steps on chemical issues with the overall context of the Syrian political settlement.

 

Recent Accusations Provided in UN-OPCW JIM's Report against Syria Baseless, Lack Objectivity: Foreign Ministry

DAMASCUS, (ST)- The recently issued accusations against Syria provided in the report of the Joint Investigative Mechanism (JIM) of the United Nations and the Organization for the Prohibition of Chemical  Weapons (OPCW) are baseless and the report's conclusions reflect no accuracy or objectivity, according to the Ministry of Foreign Affairs and Expatriates.

In a statement on Wednesday on the UN-OPCW's JIM's report about the using of toxic chemical materials in Syria, the ministry said "the Syrian Arab Republic has repeatedly denied all allegations promoted by some western circles and their tools on official Syrian parties' using  of  poisonous chemical materials like chlorine gas in the Syrian Army's military operations against terrorist groups."

  According to the ministry, the Syrian government, starting from its commitment to the principle of transparency, has fully cooperated with all the requirements of the investigation conducted by international committees since 2014. The government provided the committees with all facilitations necessary for conducting honest and credible investigations and gave them clear cut evidence about some terrorist groups fabricating and falsifying events in Syria, the ministry said. 

The ministry clarified that the JIM couldn't provide any tangible evidence about whether chlorine gas was really used, pointing out that the way adopted by the JIM to reach the conclusions were unprofessional and they lacked objectivity that makes the results of its investigations unconvincing and hard to be built on.

Syria has repeatedly warned of the repercussions of politicizing this issue on the credibility of the work of concerned international parties and which were resulted from the pressure practiced by the western countries supporting terrorism, according to the ministry.

Over the past two years, Syria submitted a lot of important information about the terrorist group's possessing and using of toxic chemical agents and weapons and about the involvement of the Turkish and Saudi regimes and some western countries in delivering these poisonous materials to the terrorists, said the ministry. 

The ministry concluded by saying that the government of the Syrian Arab Republic, which completely refuses the accusations included in the report, affirms that it will continue to implement all its commitments resulted from joining the Chemical Weapon Convention (CWC). 

Hamda Mustafa

 

Conseil de sécurité 26 octobre : Syrie : le chef de l'humanitaire de l'ONU réclame la fin du statu quo

Le Coordonnateur des secours d’urgence décrit « une horreur apocalyptique » à Alep devant le Conseil de sécurité, toujours divisé sur les moyens d’y remédier

Trente-deuxième rapport sur la Syrie présenté par le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence, M. Stephen O’Brien.

La communauté internationale ne peut pas rester silencieuse

Syrie/Humanitaire - Intervention de M. François Delattre, Représentant permanent de la France auprès des Nations unies - Conseil de sécurité - 26 octobre 2016

Monsieur le Président,

En tant que représentant d’un pays si profondément attaché aux Nations unies et à ses valeurs, je voudrais effectuer quelques mises au point de mon côté. La première, pour remercier Stephen O’Brien pour son intervention, pour son courage, pour son action et pour celle aussi de toute son équipe. Lorsqu’une grande direction des Nations unies est mise en cause d’une telle manière, il faut la défendre et c’est ce que je voudrais faire aujourd’hui publiquement. Défendre l’action d’OCHA, rendre hommage à l’ensemble des personnels humanitaires qui jour après jour, nuit après nuit, risquent leur vie pour en sauver d’autres, je trouve que cela mérite le soutien de la communauté des nations.

On sait tous que les soit-disantes pauses humanitaires qui sont décidées de manière unilatérale sans aucune consultation d’aucune sorte ne sont pas une solution. Elles sont bienvenues bien sûr, mais elles ne sont pas la solution. Il est impossible, on le sait tous, en seulement quelques heures, d’obtenir les autorisations d’accès, d’acheminer l’aide humanitaire, de procéder aux évacuations des blessés et de leur famille. Alors blâmer les Nations unies pour ce facteur objectif, c’est, comme on dit en bon français, « tirer sur l’ambulance », et en l’occurrence tirer de manière figurée mais aussi au sens propre, puisqu’on sait combien les hôpitaux et les personnels de santé sont délibérément ciblés par les bombardements. La clé de tout ce que nous souhaitons faire c’est la fin des hostilités, et notamment la fin des bombardements. C’est la base sur laquelle on peut construire. D’où la nécessité de maximiser la pression politique sur le régime et sur ses soutiens. C’était l’objet de la session récente de l’Assemblée générale, après le veto mis par la Russie au projet de résolution franco-espagnol.

Cette pression, il faut l’augmenter, l’augmenter encore jusqu’à ce que la tragédie d’Alep puisse avoir un terme. Nous ne pouvons pas baisser les bras face à cette tragédie. J’ai dit et je redis ici qu’Alep est à la Syrie ce que Sarajevo était à la Bosnie, ce que Guernica était à la guerre d’Espagne, c’est-à-dire, il faut quand même bien mesurer les choses, une tragédie humanitaire de très grande ampleur, un trou noir qui aspire et détruit toutes les valeurs qui sont celles des Nations unies, mais aussi la promesse de terribles drames à venir si nous ne réagissons pas et si nous ne réagissons pas maintenant.

Un mot aussi sur le terrorisme, au risque de me répéter, le siège d’Alep non seulement n’aide pas à lutter contre le terrorisme, qui devrait pourtant unir toute la communauté internationale, mais ce siège d’Alep contribue mécaniquement à nourrir la radicalisation et donc le terrorisme. Je reprendrais le propos de mon ministre des Affaires étrangères qui disait dans cette enceinte que le siège d’Alep, objectivement, est un cadeau fait au terrorisme. Et qui paie le prix ? Ce sont ceux qui sont victimes des attentats terroristes, dont la France. C’est dire combien ce dossier est, pour mon pays, un dossier qui touche à notre sécurité nationale.

Sur le plan humanitaire à proprement parler, je voudrais simplement dire qu’on sait tous, là aussi appelons un chat un chat, c’est la seule manière d’avancer, que l’obstruction de l’aide humanitaire est le fait du régime et de ses soutiens : encore une fois il est particulièrement injuste, et pour tout dire totalement déplacé, de blâmer les Nations unies alors même que les acteurs humanitaires sont au front, sont au charbon pour essayer de sauver des vies.

La communauté internationale ne peut pas rester silencieuse face aux exactions qui sont commises quotidiennement en Syrie. Si nous croyons les uns et les autres dans l’action des Nations unies, dans les valeurs qui nous rassemblent, alors il faut faire quelque chose sinon nous en porterons tous pour longtemps la responsabilité collective et individuelle. De ce point de vue-là, le Haut-Commissaire aux droits de l’Homme n’a pas mâché ses mots, il a parlé de « crimes d’ampleur historique », de « crimes de guerre et de crimes contre l’humanité ». Toute la lumière doit être faite sur ces violations graves des droits de l’Homme et du droit international humanitaire. L’impunité, la faiblesse ne peuvent pas être une option quand on est face à un drame de l’ampleur de celui d’Alep. De ce point de vue, la France salue l’adoption par le Conseil des droits de l’Homme, le 21 octobre, d’une résolution demandant à la Commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrie de mener une enquête spéciale indépendante sur les événements à Alep et d’identifier les auteurs présumés de violations des droits de l’Homme. Dans le même esprit, nous prendrons connaissance avec beaucoup d’attention des conclusions de la commission d’enquête interne et indépendante mise en place par le Secrétaire général après le bombardement d’un convoi du Croissant-Rouge syrien et de l’ONU, le 19 septembre dernier, au nord-ouest de la ville d’Alep, qui je le rappelle a causé la mort de plus de 20 personnes.

Il incombe aux parties à un conflit de protéger les civils et d’assurer l’accès de l’aide humanitaire et des soins médicaux. En particulier, il faut le souligner sans cesse, la protection des acteurs humanitaires est indispensable, comme l’a rappelé la résolution 2286 s’agissant des personnels et infrastructures de santé. Et bien sûr, il faut appeler avec force à ce que les attaques contre les infrastructures et personnels cessent, et cessent immédiatement.

La France en appelle une nouvelle fois à ce que le régime syrien et la Russie mettent un terme aux bombardements à Alep, et pas seulement pour quelques heures ; et sur cette base s’engage avec nous, avec nous tous, de manière constructive, pour bâtir cette transition politique dont on a besoin et pour trouver une vraie solution politique en Syrie. Tant que ce ne sera pas le cas, tant que le scandale d’Alep, la tragédie d’Alep se poursuivront, alors la pression politique devra non seulement se poursuivre mais devra augmenter.

C’est donc un appel qu’avec beaucoup d’autres je voudrais lancer aujourd’hui, en espérant que cet appel, qui ne devra pas disparaître, qui devra en réalité ne pas cesser de s’amplifier, sera entendu et qu’il y sera répondu de manière concrète.

Je vous remercie.