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La troisième tentative des négociations intersyriennes de Genève est engagée

Portrait de Pr. Philippe WECKEL
Soumis par Pr. Philippe WECKEL le sam, 03/11/2017 - 21:17

Le Conseil de sécurité a adopté le 10 mars une déclaration après avoir entendu l’envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie, M. Staffan de Mistura. L’organe du maintien de la paix salue ainsi la fin de la première réunion du troisième cycle de négociation intersyrienne de Genève qui avait débuté le 23 février 2017. Les discussions de Genève devraient reprendre le 23 mars et une nouvelle réunion est prévue à Astana les 14 et 15 mars.

Il est difficile de rendre compte de cette nouvelle tentative de règlement politique de la crise sans user de la langue de bois. On note d’abord que le contexte général a changé en raison du désengagement des Etats-Unis qui semblent se concentrer sur la lutte antiterroriste. Alors que l’issue de la bataille de Mossoul se profile, c’est sur la deuxième capitale de Daech, Raqqa, que se concentre l’effort et les Etats-Unis ont annoncé l’arrivée d’un groupe d’artillerie qui semble inspiré de la méthode utilisée par la France à Mossoul. Dans la nouvelle configuration la Russie, l’Iran et la Turquie exercent une forte influence sur la situation syrienne. A ce stade le progrès des discussions intersyriennes est incontestable, même si l’on se gardera d’en évaluer la portée.

L’envoyé spécial est parvenu à un accord sur la méthode de négociation. Les discussions directes entre les parties syriennes ne sont pas à l’ordre du jour et elles continueront de se réunir séparément. L’accord porte sur l’objet des négociations. S’il n’est pas question de « corbeilles », on parle des différents « wagons » et le train des négociations ainsi compartimenté serait prêt à partir. A vrai dire les segments ont été fixés par la Résolution 2254 de 2015. Celle-ci donne mandat à l’ONU de réunir les parties syriennes pour définir la transition politique en décidant la « gouvernance » (de la transition ?), la nouvelle constitution et les futures élections. Jusqu’à présent le gouvernement syrien a toujours tenté de détourner la discussion de la transition politique en exigeant d’engager les pourparlers sur la question du terrorisme. M. Staffan de Mistura a accepté d’ajouter cette question. Placé dans un « wagon » séparé ce thème du terrorisme dont ne perçoit pas bien quel contenu il pourra avoir, ne devrait plus gêner les discussions sur la transition politique. Tout aussi flou semble être l’ordre du jour de la nouvelle réunion d’Astana. Le cessez-le-feu n’est toujours pas intégralement respecté et sa consolidation demeure incertaine. Il tient néanmoins et la promesse des deux nouvelles réunions à Astana, puis à Genève, préserve les faibles chances du processus de paix. On ne s’attend pas à des progrès spectaculaires.

 

Dépêche : Syrie : le Conseil de sécurité salue les efforts de l'Envoyé de l'ONU et lui renouvelle son appui

 

SENTINELLE, Bulletin 502 du 27.01.2017, "Syrie, déclaration d'Astana du 24 janvier 2017", Philippe WECKEL

SENTINELLEBulletin 457 du 20.12.2015, "Résolution 2254 sur la Syrie, une lueur d'espoir n'éclaire pas l'avenir", Philippe WECKEL