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Le blocage du Conseil de sécurité justifie l'adoption d'une résolution de l'Assemblée générale l'invitant à assumer ses responsabilités

Portrait de Pr. Philippe WECKEL
Soumis par Pr. Philippe WECKEL le dim, 12/11/2016 - 03:20

Cette semaine a vu la confirmation des événements engagés la semaine dernière à l'ONU au sujet de la situation à Alep (Syrie)

a) Lundi 5 décembre le vote au Conseil de sécurité sur le projet de résolution élaboré par les "plumes" humanitaires (Égypte, Espagne et Nouvelle-Zélande) s'est heurté aux vetos russe et chinois.

Communiqué : Le Conseil de sécurité affiche de nouveau ses divisions sur la situation en Syrie

b) Vendredi 9 décembre l'Assemblée générale a adopté le projet de résolution présenté par le Canada.

La résolution présente au moins l'utilité de contenir un texte substantiel et détaillé qui n'a pas été édulcoré par la délégation russe, comme c'est le cas au Conseil de sécurité dans le dossier syrien. La Russie n'a rassemblé que 13 voix dans son opposition au projet. Son isolement se confirme donc. Toutefois, le nombre d'abstentions (36 voix) et de délégations nationales absentes sont importants. Il en résulte que les voix "pour" (122) n'atteignent pas la majorité qualifiée des 2/3. Le résultat est honorable et la résolution devrait être comparée à celle qui avait suivi l'annexion de la Crimée. De nombreuses délégations se font discrètes en effet dans les situations qui semblent relever d'une confrontation entre Russes et Américains. En raison de ces fuites naturelles il était préférable d'éviter de choisir une procédure comportant un scrutin à la majorité qualifiée. Les promoteurs du projet (ils sont demeurés à 73) n'ont donc pas retenu l'option de la session spéciale d'urgence. La réunion est qualifiée de séance formelle de l’Assemblée générale, consacrée à la « prévention des conflits armés » mais entièrement centrée sur la situation en République arabe syrienne.

Cette résolution non contraignante aura été adoptée bien trop tard pour avoir une incidence sur le terrain, si tant est qu'on puisse imaginer un tel effet. On remarque que l'Assemblée générale y invite le Conseil de sécurité à appliquer intégralement ses résolutions et à prendre de nouvelles mesures. On verra bien à l'usage quelle utilité certains Etats trouveront à ce texte dans les discussions avec la Russie. On est évidemment très loin d'un "transfert" de la responsabilité de protéger vers l'Assemblée générale. On a fait seulement un pas supplémentaire vers un constat de paralysie du Conseil de sécurité du fait de la Russie qui n'en a cure en ce moment et la résolution est rédigée dans ce sens.

COMMUNIQUE : Syrie: l’Assemblée générale adopte une résolution appelant à agir face à la situation humanitaire et enjoignant le Conseil de sécurité de s’acquitter de ses responsabilités

DEPECHE : Syrie: l’Assemblée générale adopte une résolution appelant à agir face à la situation humanitaire et enjoignant le Conseil de sécurité de s’acquitter de ses responsabilités

Le texte de la Résolution : résolution.