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Résolution 2334 du Conseil de sécurité, les colonies israéliennes hors la loi

Portrait de Pr. Philippe WECKEL
Soumis par Pr. Philippe WECKEL le jeu, 12/29/2016 - 12:02

 

Le Conseil de sécurité a adopté le 23 décembre une résolution (2334 (2016)) exigeant l'arrêt immédiat de l'expansion des colonies juives dans le territoire palestinien occupé. C'est la première résolution du Conseil de sécurité sur le conflit palestinien pendant la période des deux mandats du Président Obama. Il faut en effet remonter à 2008 pour trouver une décision de cet ordre : le 16 décembre 2008 la Résolution 1850 adoptée à l'unanimité marquait l'irréversibilité du processus d'Annapolis engagé par le Président Bush. 

Quelques jours plus tard, soit le 8 janvier 2009, deux semaines avant la passation des pouvoirs par le Président Bush au Président Obama, la Résolution 1860 demandait l'arrêt de l'intervention israélienne à Gaza. Cette résolution a été adoptée à l'unanimité par 14 voix pour et l'abstention des Etats-Unis, comme celle du 23 décembre 2016. On rappelle que les résolution historiques qui ont accompagné l'annexion de Jerusalem Est ont également bénéficié de l'abstention des Etats-Unis (Résolutions 476  du 4 juin 1980 et 478 du 20 août 1980). On voit d'ailleurs une certaine similitude de ton entre ces instruments de l'époque du Président Reagan et la nouvelle résolution de 2016. Cette dernière ne rompt pas une pratique des Etats-Unis qui n'a jamais consisté en un soutien automatique à Israël. Par contre la doctrine de Washington est toujours de se maintenir dans un rapport de compatibilité avec l'opinion juridique de la Communauté internationale. Les Etats-Unis affichent leurs différences par l'abstention, mais ils défendent avec détermination le principe du partage de l'ancienne Palestine en deux entités étatiques indépendantes et ils condamnent la politique israélienne de colonisation. On parle ici de la politique étrangère des Etats-Unis, bipartisane et intemporelle en tant que bien commun de la nation, et non de la politique personnelle de M. Donald Trump, Président élu. Il y a vraiment beaucoup d'exagération dans les critiques virulentes qu'adresse le gouvernement israélien au Président Obama. Ce dernier s'est réservé jusqu'à la dernière minute le pouvoir de décider l'abstention, comme le firent ses prédécesseurs en certaines circonstances charnières. 

La Résolution 2334 n'est pas une surprise puisque la Nouvelle-zélande s'était activée depuis plusieurs mois en vue de l'élaboration d'une résolution sur le règlement du conflit israélo-palestinien. Le 13 et le 20 décembre le Conseil avait tenu des réunions informelles sur la question. En réalité le texte adopté le 23 décembre qui porte spécifiquement sur la colonisation est d'initiative palestinienne. On semble d'ailleurs craindre en Israël que la Suède (elle préside le Conseil au mois de janvier et une réunion d'information est programmée pour le 17 janvier) reprenne l'initiative de la Nouvelle-Zélande pour une seconde résolution avant le 20 janvier 2017, date de l'entrée en fonction du Président élu. Evidemment, c'est le propre du fonctionnement du Conseil de sécurité, les Etats-Unis ont participé à la concertation avec la Nouvelle-Zélande d'une part, et l'Egypte, porteuse initiale du projet palestinien, d'autre part.

La nouveauté dans la nouvelle résolution réside dans la clarté de sa rédaction qui ne laisse subsister aucune ambiguïté. Le Conseil n'adopte aucune mesure impliquant le recours au Chapitre VII de la Charte. Il ne se borne pas à recommander les termes d'un règlement en application du Chapitre VI de la Charte. Il déclare quelle est la situation juridique résultant de la poursuite de la colonisation juive dans les territoires occupés et sa décision bénéficie de l'autorité juridique que lui confère l'article 25 de la Charte. Les éléments essentiels de cette situation ont été confirmés déjà par l'opinion juridique formulée par la Cour internationale de justice dans l'Avis sur le Mur. La substance de cette déclaration bénéficie en outre de l'adhésion générale des Etats membres de l'ONU, par delà l'unanimité réalisée au sein de l'organe restreint de cette Organisation sur l'interprétation du droit international applicable. La Résolution rappelle les principes qui gouvernent l'appareil des résolutions précédentes. Le premier paragraphe énonce cette situation dont les paragraphes suivants tirent les conséquences :

1. Réaffirme que la création par Israël de colonies de peuplement dans le Territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est, n’a aucun fondement en droit et constitue une violation flagrante du droit international et un obstacle majeur à la réalisation de la solution des deux États et à l’instauration d’une paix globale, juste et durable ; 

Actuellement, selon la Résolution, toutes les implantations juives, y compris les blocs de colonies situés le long de la ligne verte et à Jérusalem Est, sont par nature illégales et illégitimes. Cette déclaration prend ainsi le contrepied de la position qui fait consensus entre les partis politiques israéliens. Les paragraphes 2 et 3 tirent les conséquences juridiques de cette illégalité. Aux termes du paragraphe 2 Israël doit cesser toutes activités de peuplement. Là encore l'impératif est catégorique et ne laisse place à aucune dérogation ou exception (extension de colonies existantes). Le paragraphe 3 subordonne la reconnaissance des implantations israéliennes à leur inclusion préalable dans le futur accord de paix. En d'autre termes, la non reconnaissance des colonies s'applique aujourd'hui et la négociation avec les Palestiniens se fera sur la base du principe de "la ligne de 1967 plus" (ligne de 1967 corrigée par des échanges territoriaux agréés par les deux parties). Sur ce point aussi la Résolution heurte totalement la position consensuelle qui prévaut en Israël :

3. Souligne qu’il ne reconnaîtra aucune modification aux frontières du 4 juin 1967, y compris en ce qui concerne Jérusalem, autres que celles convenues par les parties par la voie de négociations; 

Illégales, les implantations juives menacent aussi le processus de paix. Les paragraphes 4 et 5 en tirent les conséquences. D'une part, Israël est tenu de prendre des mesures positives destinées à inverser le peuplement dans la mesure où il met en péril la solution des deux Etats (principe de continuité du territoire palestinien). Cette exigence revient pratiquement à demander un changement de gouvernement en Israël, puisque l'actuel est largement dominé par les partis représentatifs des colons :

4. Souligne qu’il est essentiel qu’Israël mette un terme à toutes ses activités de peuplement pour préserver la solution des deux États, et demande l’adoption immédiate de mesures énergiques afin d’inverser les tendances négatives sur le terrain, qui mettent en péril la solution des deux États; 

D'autre part, le Conseil de sécurité déclare que les Etats, tous les Etats, mais les Etats seulement, dans leurs échanges avec Israël (pas seulement les échanges commerciaux) doivent opérer la distinction entre le territoire d'Israël et les territoires occupés (y compris Jérusalem Est). La politique européenne relative aux exportations des colonies est ainsi confortée. On relève que les Etats-Unis n'ont pas exprimé d'objection à ce paragraphe. Ce n'est pas une surprise :

5. Demande à tous les États, compte tenu du paragraphe 1 de la présente résolution, de faire une distinction, dans leurs échanges en la matière, entre le territoire de l’État d’Israël et les territoires occupés depuis 1967 ;

Si la Résolution est essentiellement centrée sur les implantations juives, les autres aspects du règlement du conflit israélopalestinien ne sont pas ignorés. On relève ainsi le paragraphe 6, que les Etats-Unis auraient souhaité voir davantage développé, relatif aux violences contre les civils. En réalité ce texte fonde une pression accrue et immédiate sur la partie palestinienne qui est fermement invitée à clarifier sans délai son attitude vis-à-vis du terrorisme :

6. Demande que des mesures immédiates soient prises pour prévenir tous les actes de violence visant des civils, y compris les actes de terreur, ainsi que tous les actes de provocation et de destruction, demande que les auteurs de tels actes en répondent, et appelle au respect des obligations qu’impose le droit international de renforcer l’action menée pour lutter contre le terrorisme, notamment par la coordination en matière de sécurité, et de condamner sans équivoque tous les actes de terrorisme ; 

La Résolution reprend le principe de l'acquis des négociations antérieures, mentionne la dernière résolution du Quatuor (Quartet) et soutient la Conférence de Paris du 15 janvier prochain.

Qualifiée d'évidente par le délégué de la France, la déclaration unanime du Conseil de sécurité bat en brèche toutes les théories israéliennes. C'est bien cette volonté d'opposer une position unifiée de la Communauté internationale à un certain consensus auquel est parvenue la classe politique en Israël qui caractérise la Résolution 2334. Celle-ci marque une cassure nette entre la Communauté internationale et l'Etat d'Israël. On sort de l'ambiguïté entretenue par Israël depuis plusieurs décennies et le passage est brutal.

Dans l'allégorie de la caverne développée par Platon, l'illusion de la perception erronée s'impose aux hommes enchaînés comme une vérité incontestable, parce qu'ils la partagent tous.

"L'ereur individuelle est tenue pour vérité dès qu'elle devient collective. Aucun argument rationnel ne peut alors l'ébranler", écrivait Gustave Le Bon dans Les incertitudes de l'heure présente, 1923. 

L'adoption de la Résolution 2338 du Conseil de sécurité met ainsi deux groupes d'hommes face à face, qui ne se voient pas et ne se comprennent pas. L'évidence pour les uns est absurde pour les autres. Il y a un Etat face à 192 Etats à l'ONU, quelques millions de personnes face à 7, 4 milliards d'individus. Israël seul contre tous ? Certes, mais selon l'enseignement de Platon, la solitude dans la conviction n'invalide pas cette dernière. La force du nombre n'est pas un argument et le questionnement est ailleurs. Lorsque le Premier ministre israélien et le représentant d'Israël à New-York qualifient la résolution du Conseil de sécurité d'immorale, voire de nonsens, leur propos se heurte à un mur d'incompréhension. M. Benjamin Netanyahu explique que pour exister il faut être fort. C'est effectivement une ligne de conduite centrale suivie par Israël dans les relations internationales. Israël devrait donc punir ces Etats qui ont soutenu la résolution contestée, sanctionner ceux - le monde entier - qui ne  partagent pas son opinion. Or Israël ne s'autorise pas l'arrogance envers la Chine ou la Russie et il s'en prend surtout à l'Etat musulman et africain, le Sénégal, qui a toujours manifesté la bienveillance de l'Afrique envers Israël. Haro donc sur le modeste Etat africain, parce que le gouvernement israélien ne peut finalement pas défier les grands de ce monde.

On voit bien qu'Israël n'a pas ou n'a plus les moyens de sa solitude. Au cours des heures qui ont précédé l'adoption de la résolution, son gouvernement s'est ingéré jusqu'à l'ultime extrémité dans les affaires intérieures des Etats-Unis, parce que c'est la dernière fausse carte dont il dispose encore. Il a mobilisé le Président élu, M. Donald Trump, l'entraînant à faire pression sur l'Egypte qui a finalement renoncé à présenter le projet de résolution. Les quatre autres Etats (Venezuela, Malaisie, Nouvelle-Zélande et Sénégal) ont continué à présenter le projet, contrant ainsi la manoeuvre israélienne. Le Premier ministre israélien a cherché ensuite le soutien de la Russie qui a pourtant toujours condamné la politique de colonisation. La demande de report du vote présentée par le délégué de la Russie n'a pas rencontré d'écho. Malgré tous ses efforts le gouvernement israélien a donc été impuissant à bloquer la résolution. Sur cette question des implantations juives au-delà du territoire israélien défini par ses frontières internationales au moment de la guerre de 1967, Israël ne peut plus espérer désormais une consolidation de la situation de fait, en dehors d'un règlement négocié avec la partie palestinienne. Telle est la conclusion centrale qui s'impose après le vote positif appuyé sur l'abstention "active" des Etats-Unis.

Dans son discours historique du 28 décembre le Secrétaire d'Etat, M. John Kerry, a souligné à titre liminaire qu'il inscrivait sa démarche dans la défense des intérêts nationaux des Etats-Unis. Ainsi le nouveau Président élu ne pourra pas durablement rejoindre Israël dans sa solitude, parce qu'une meilleure compréhension de la politique étrangère de son pays l'éloignera nécessairement des colons juifs. En réalité l'Etat juif s'est soi-même éloigné ces dernières années des intérêts des Etats-Unis au point qu'il est devenu plus difficile de le considérer comme un allié à part entière. Je m'étais abstenu de relever l'attitude de de la délégation israélienne lors du vote sur la résolution du 21 décembre dernier :

SENTINELLE, "Syrie, l'Assemblée générale crée un mécanisme de facilitation des enquêtes judiciaires sur les crimes internationaux", Philippe WECKEL 

Or l'absence d'Israël lors du vote motivée par la volonté de complaire à la Russie a été portée depuis à la connaissance de l'opinion publique. Au vu de ce comportement significatif dans une circonstance hautement symbolique, qui peut encore sans hésitation considérer Israël comme un allié des démocraties occidentales ? Le Secrétaire d'Etat a évoqué ce fossé moral et politique qui s'est creusé, non pas avec Israël, mais avec son gouvernement actuel. On lira avec profit le discours prononcé le premier janvier dernier par le Président de l'Etat d'Israël.  M. Reuven Rivlin livre une analyse pleine de sagesse de la Résolution 2334. Il est bien conscient que cet instrument international est la manifestation d'un redoutable smart power (on ne lutte pas contre lui avec des chars ou en érigeant des murs) et qu'il ouvre le procès d'Israël. Le fossé entre Israël et la Communauté internationale doit être assumé ouvertement, souligne-t-il ; il sera peut-être surmonté par le dialogue et une action diplomatique de l'Etat juif plus pertinente, orientée notamment vers les amis européens.

Si la position d'abstention adoptée par les Etats-Unis lors du vote de la Résolution 2334 peut passer pour une forme de rupture, elle correspond essentiellement à l'adaptation de la position américaine à un changement majeur dans la politique de colonisation israélienne aux conséquences inacceptables. En effet, cette évolution négative condamne la solution des deux Etats dans une perpectives proche. Plusieurs facteurs déterminent ainsi l'urgence d'une action collective qui n'affecterait pas le pouvoir des parties de déterminer un règlement négocié, mais conserverait la possibilité de création d'un Etat palestinien viable établi sur une continuité territoriale. On rappelle d'abord l'échec de la tentative de relance des négociations que les Etats-Unis ont d'ailleurs attribué aux deux parties. Ensuite, on doit évidemment tenir compte des incertitudes qu'ouvre la période de la nouvelle présidence aux Etats-Unis. Enfin, les récents faits de colonisation traduisent une volonté politique de rendre définitif et irréversible le statut actuel d'occupation de la Palestine (isolement géographique de Jérusalem et "mitage" de la Cisjordanie). Les Etats-Unis se sont opposés à toute action tendant à préempter les résultats de la négociation. Favorables dans la durée, c'est-à-dire dans la succession des gouvernements républicains et démocrates, à la création d'un Etat palestinien aux côtés d'Israël, ils ont pour cette raison objecté à la reconnaissance prématurée de cet Etat en 2011. Or aujourd'hui la préemption de l'issue négociée est le fait de la politique de colonisation du gouvernement israélien actuel qui contredit ouvertement les assurances renouvelées sur le maintien de la perspective des deux Etats.

Dans un tel contexte, le rappel solennel et catégorique de la position juridique de la Communauté internationale sur l'occupation de la Palestine était indispensable. La Résolution y pourvoit et l'abstention des Etats-Unis ne brise pas l'unanimité, même si ces derniers maintiennent leurs nuances. On peut encore espérer que la conférence de Paris (15 janvier) permette de préciser les efforts, y compris financiers, que tous les partenaires de la paix (70 Etats au moins) sont prêts à consentir pour aider les parties, Israéliens et Palestiniens, à négocier dans l'esprit cette fois de parvenir à un règlement définitif. On devrait aussi souhaiter que le Conseil de sécurité fixe les paramètres de cette négociation de manière à doter ce processus de paix d'une feuille de route guidant les parties sans altérer leur capacité de négocier. Une telle éventualité qui correspondrait bien à la démarche française a été évoquée. Elle n'est pas confirmée. Quoiqu'il en soit, nul ne peut prédire quand les discussions de paix pourront reprendre. Le gouvernement israélien qui mise tout sur l'avènement de M. Donald Trump a choisi de rester en dehors du processus actuel. Cette attitude n'est évidemment pas de bon augure. Néanmoins il convient de rappeler que le processus en question a essentiellement un objet conservatoire.

On ne fera évidemment pas la paix sans les Israéliens ou sans les Palestiniens. Or l'état d'esprit de part et d'autre n'y est pas préparé. Toutefois l'objectif final est bien d'amener une paix négociée. A cet égard on peut souhaiter que les Etats tiers fassent un usage raisonné de l'effet déclaratoire attaché à la Résolution 2334. Celle-ci conforte la délégitimation de la colonisation israélienne. On observera ainsi avec intérêt la position qu'adoptera la FIFA très prochainement sur la situation des clubs de football attachés aux colonies (voir aussi le cas des clubs russes de Crimée). La Résolution renforce également la perspective de criminalisation de la colonisation. Dans son discours M. John Kerry évoque une politique systématique visant l'emprise définitive de l'occupation israélienne. Il donne ainsi involontairement du grain à moudre pour la Cour pénale internationale. On peut escompter un usage précautionneux des mesures restrictives portant sur les activités des implantations juives, mais la CPI de son côté échappe à tout contrôle étatique. Organe de justice (et accessoirement Organisation internationale) elle n'est pas censée se préoccupper d'éventuelles conséquences négatives de ses procédures sur la paix. En vertu de son Statut, il appartient en effet au Conseil de sécurité de suspendre, avant l'engagement de poursuites, l'action de la Cour. Or on voit mal une majorité qualifiée et sans veto se former au sein de l'organe du maintien de la paix pour bloquer la CPI, si les négociations israélo-palestiniennes ne sont pas effectivement relancées. Quant à l'effet Donald Trump espéré par Israël, il sera évidemment illusoire. Après tout, il n'est peut-être pas illusoire d'imaginer par contre, dans un tel contexte, une plus grande ouverture d'esprit d'Israël à la négociation. Si le processus en cours était complétée par une réelle avancée sur la définition internationale du terrorisme attendue d'une relance de la Sixième commission, le conflit israélo-palestinien pourrait être si aisément résolu, croit-on, à la satisfaction générale. Certes, dans l'air du temps, on résiste vraiment à laisser l'imagination se projeter vers des issues heureuses, mais 2017 n'a-t-elle pas été décrétée Année de la paix ? Si les Juifs et les Arabes voulaient s'donner la main, "alors on pourrait faire une ronde autour du monde" (Paul FORT, 1919)... Malheureusement les divergences de fond paraissent plus que jamais insurmontables et elles sont clairement affichées dans un face à face intransigeant entre Israël et la Communauté internationale. On est sorti de l'ambiguïté pour entrer dans un territoire inconnu. A cet égard l'attitude du diplomate israélien au Conseil de sécurité, la main sur la Torah, est lourde de signification.

 

DOCUMENTS

Le texte de la Résolution 2334 (2016) du 23 décembre 2016, La situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienneS/RES/2334 (2016)

, "Vote on Resolution on Israeli Settlements"

CommuniquéRompant un silence de huit ans, Le Conseil de sécurité adopte une résolution « historique » exigeant l’arrêt des activités israéliennes de peuplement dans le Territoire palestinien occupé

Procès-verbal : S/PV.7853

Vote historique au Conseil de sécurité : Proche Orient - Explication de vote de François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies Conseil de sécurité - 23 décembre 2016

Monsieur le Président,

L’adoption de la résolution 2334 marque un jour important et à bien des égards historique dans l’histoire récente du Conseil de sécurité.

Il s’agit en effet de la première résolution adoptée par ce Conseil sur le règlement du conflit israélo-palestinien depuis huit ans. Et c’est la première fois que le Conseil de sécurité s’exprime ainsi, de manière aussi claire, pour constater ce qui est en réalité une évidence : la colonisation israélienne remet en cause, petit à petit, les chances de voir bâtir un Etat palestinien viable et indépendant, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité avec l’Etat d’Israël. Il était donc nécessaire que le Conseil de sécurité rappelle l’attachement collectif et unanime de la communauté internationale à la solution des deux Etats, et qu’il s’exprime clairement sur les menaces à cette solution. 
Si nous ne menons pas une action résolue en ce sens, la solution à deux Etats va s’évanouir, comme un mirage dans le désert, alors même qu’il n’existe aucune alternative crédible qui puisse répondre aux aspirations légitimes des deux parties.

Monsieur le Président,

Au cours de la dernière décennie, la colonisation israélienne a connu une accélération incontestable qui n’a fait qu’attiser les tensions sur le terrain et l’exaspération de la communauté internationale. La colonisation, qui est illégale au regard du droit international, procède d’une politique délibérée. Cette politique vise à mettre les populations comme la communauté internationale devant un fait accompli, en Cisjordanie comme à Jérusalem-Est. Elle se décline sous de multiples facettes : expansion des colonies au-delà de la ligne verte, y-compris à Jérusalem-Est, annexion de facto de la zone C, transferts forcés de populations, démolitions d’habitations et de structures palestiniennes, restrictions aux accès et mouvements, construction du mur au-delà de la ligne de 1967. Cette politique n’est pas seulement illégale au regard du droit international ; elle met aussi en péril la perspective de la création d’un Etat palestinien viable et indépendant, qui est le meilleur gage de la sécurité d’Israël et d’une solution durable à ce conflit. C’est le message que la France, en votant en faveur de cette résolution, a souhaité adresser aujourd’hui.

Si la colonisation est la principale menace, sur le terrain, à la solution des deux Etats, elle n’est malheureusement pas la seule. Les actes de violence, l’incitation à la violence et le terrorisme minent, eux aussi, les chances de voir deux Etats, israélien et palestinien, coexister un jour pacifiquement. Ils détruisent la confiance et le dialogue entre des populations qui sont pourtant appelées à cohabiter. A cet égard, la Résolution 2334 réitère avec force sa condamnation de tout acte de terrorisme, de l’incitation à la violence et de toute attaque délibérée des populations civiles. Elle en appelle à l’Autorité palestinienne pour continuer à mettre tout en œuvre pour décourager les entreprises terroristes.

Identifier et nommer les menaces à la solution des deux Etats est important. Mais cela ne suffit pas. Il faut aussi œuvrer à recréer, après deux ans d’impasse, les conditions d’une reprise des négociations. Les Israéliens comme les Palestiniens ont un intérêt vital à la paix, qui ne peut qu’être fondée sur la solution des deux Etats. C’est tout le sens de l’initiative de la France pour tenter de relancer le processus de paix. Dans ce cadre, après l’importante réunion ministérielle du 3 juin dernier, la France a décidé d’organiser le 15 janvier prochain à Paris une conférence internationale dont l’objectif sera de présenter la contribution de la communauté internationale à la relance d’un processus de négociation et à la conclusion et la mise en œuvre d’un accord de paix - étant entendu, chacun le sait, que seuls les Israéliens et les Palestiniens seront en mesure de conclure la paix directement.

La résolution adoptée aujourd’hui et la conférence internationale de Paris représentent les deux faces de la même médaille, visant à affirmer notre attachement commun à la solution à deux Etats et à créer les conditions permettant d’y parvenir. Cette résolution et l’initiative française constituent ce faisant, nous l’espérons, de premiers et importants jalons vers la relance d’un processus politique crédible. Un processus qu’il nous faudra, collectivement, poursuivre dans les semaines et les mois à venir.

Cette résolution, pour me résumer, n’est en aucun cas le bout de la route. Elle est une étape importante, potentiellement historique, sur le chemin difficile et exigeant qui doit nous conduire à la paix et à la sécurité au Proche Orient.

Alors Monsieur le Président, chers collègues, assumons ensemble la lourde responsabilité qui nous incombe à tous sur ce chemin.

Je vous remercie.

Explanation of Vote at the Adoption of UN Security Council Resolution 2334 on the Situation in the Middle East; U.S. Permanent Representative to the United Nations Ambassador Samantha Power

Thank you, Mr. President.

Let me begin with a quote: “The United States will not support the use of any additional land for the purpose of settlements during the transitional period. Indeed, the immediate adoption of a settlement freeze by Israel, more than any other action, could create the confidence needed for wider participation in these talks. Further settlement activity is in no way necessary for the security of Israel and only diminishes the confidence of the Arabs that a final outcome can be freely and fairly negotiated.”

This was said in 1982 by President Ronald Reagan. He was speaking about a new proposal that he was launching to end the Israeli-Palestinian conflict. While ultimately, of course, President Reagan’s proposal was not realized, his words are still illuminating in at least two respects.

First, because they underscore the United States’ deep and long-standing commitment to achieving a comprehensive and lasting peace between the Israelis and Palestinians. That has been the policy of every administration, Republican and Democrat, since before President Reagan and all the way through to the present day.

Second, because President Reagan’s words highlight the United States’ long-standing position that Israeli settlement activity in territories occupied in 1967 undermines Israel’s security, harms the viability of a negotiated two-state outcome, and erodes prospects for peace and stability in the region. Today, the Security Council reaffirmed its established consensus that settlements have no legal validity. The United States has been sending the message that the settlements must stop – privately and publicly – for nearly five decades, through the administrations of Presidents Lyndon B. Johnson, Richard Nixon, Gerald Ford, Jimmy Carter, Ronald Reagan, George H.W. Bush, Bill Clinton, George W. Bush, and now Barack Obama. Indeed, since 1967, the only president who had not had at least one Israeli-Palestinian-related Security Council resolution pass during his tenure is Barack Obama. So our vote today is fully in line with the bipartisan history of how American Presidents have approached both the issue – and the role of this body.

Given the consistency of this position across U.S. administrations, one would think that it would be a routine vote for the U.S. to allow the passage of a resolution with the elements in this one, reaffirming the long-standing U.S. position on settlements, condemning violence and incitement, and calling for the parties to start taking constructive steps to reverse current trends on the ground. These are familiar, well-articulated components of U.S. policy.

But in reality this vote for us was not straightforward, because of where it is taking place – at the United Nations. For the simple truth is that for as long as Israel has been a member of this institution, Israel has been treated differently from other nations at the United Nations. And not only in decades past – such as in the infamous resolution that the General Assembly adopted in 1975, with the support of the majority of Member States, officially determining that, “Zionism is a form of racism” – but also in 2016, this year. One need only look at the 18 resolutions against Israel adopted during the UN General Assembly in September; *or the 12 Israel-specific resolutions adopted this year in the Human Rights Council – more than those focused on Syria, North Korea, Iran, and South Sudan put together – to see that in 2016 Israel continues to be treated differently from other Member States.

Like U.S. administrations before it, the Obama Administration has worked tirelessly to fight for Israel’s right simply to be treated just like any other country – from advocating for Israel to finally be granted membership to a UN regional body, something no other UN Member State had been denied; to fighting to ensure that Israeli NGOs are not denied UN accreditation, simply because they are Israeli, to getting Yom Kippur finally recognized as a UN holiday; to pressing this Council to break its indefensible silence in response to terrorist attacks on Israelis. As the United States has said repeatedly, such unequal treatment not only hurts Israel, it undermines the legitimacy of the United Nations itself.

The practice of treating Israel differently at the UN matters for votes like this one. For even if one believes that the resolution proposed today is justified – or, even more, necessitated – by events on the ground, one cannot completely separate the vote from the venue.

And Member States that say they are for the two-state solution must ask themselves some difficult questions. For those states that are quick to promote resolutions condemning Israel, but refuse to recognize when innocent Israelis are the victims of terrorism – what steps will you take to stop treating Israel differently? For those states that passionately denounce the closures of crossings in Gaza as exacerbating the humanitarian situation, but saying nothing of the resources diverted from helping Gaza’s residents to dig tunnels into Israeli territory so that terrorists can attack Israelis in their homes – what will you do to end the double-standard that undermines the legitimacy of this institution?

Member States should also ask themselves about the double standards when it comes to this Council taking action. Just this morning we came together, as a Council, and we were unable to muster the will to act to stop the flow of weapons going to killers in South Sudan, who are perpetrating mass atrocities that the UN has said could lead to genocide. We couldn’t come together just to stem the flow of arms. Earlier this month, this Council could not muster the will to adopt the simplest of resolutions calling for a seven-day pause in the savage bombardment of innocent civilians, hospitals, and schools in Aleppo. Yet when a resolution on Israel comes before this Council, members suddenly summon the will to act.

It is because this forum too often continues to be biased against Israel; because there are important issues that are not sufficiently addressed in this resolution; and because the United States does not agree with every word in this text, that the United States did not vote in favor of the resolution. But it is because this resolution reflects the facts on the ground – and is consistent with U.S. policy across Republican and Democratic administration throughout the history of the State of Israel – that the United States did not veto it.

The United States has consistently said we would block any resolution that we thought would undermine Israel’s security or seek to impose a resolution to the conflict. We would not have let this resolution pass had it not also addressed counterproductive actions by the Palestinians such as terrorism and incitement to violence, which we’ve repeatedly condemned and repeatedly raised with the Palestinian leadership, and which, of course, must be stopped.

Unlike some on the UN Security Council, we do not believe that outside parties can impose a solution that has not been negotiated by the two parties. Nor can we unilaterally recognize a future Palestinian state. But it is precisely our commitment to Israel’s security that makes the United States believe that we cannot stand in the way of this resolution as we seek to preserve a chance of attaining our long-standing objective: two states living side-by-side in peace and security. Let me briefly explain why.

The settlement problem has gotten so much worse that it is now putting at risk the very viability of that two-state solution. The number of settlers in the roughly 150 authorized Israeli settlements east of the 1967 lines has increased dramatically. Since the 1993 signing of the Oslo Accords – which launched efforts that made a comprehensive and lasting peace possible – the number of settlers has increased by 355,000. The total settler population in the West Bank and East Jerusalem now exceeds 590,000. Nearly 90,000 settlers are living east of the separation barrier that was created by Israel itself. And just since July 2016 – when the Middle East Quartet issued a report highlighting international concern about a systematic process of land seizures, settlement expansions, and legalizations – Israel has advanced plans for more than 2,600 new settlement units. Yet rather than dismantling these and other settler outposts, which are illegal even under Israeli law, now there is new legislation advancing in the Israeli Knesset that would legalize most of the outposts – a factor that propelled the decision by this resolution’s sponsors to bring it before the Council.

The Israeli Prime Minister recently described his government as “more committed to settlements than any in Israel’s history,” and one of his leading coalition partners recently declared that “the era of the two-state solution is over.” At the same time, the Prime Minister has said that he is still committed to pursuing a two-state solution. But these statements are irreconcilable. One cannot simultaneously champion expanding Israeli settlements and champion a viable two-state solution that would end the conflict. One has to make a choice between settlements and separation.

In 2011, the United States vetoed a resolution that focused exclusively on settlements, as if settlements were they only factor harming the prospects of a two-state solution. The circumstances have changed dramatically. Since 2011, settlement growth has only accelerated. Since 2011, multiple efforts to pursue peace through negotiations have failed. And since 2011, President Obama and Secretary Kerry have repeatedly warned – publically and privately – that the absence of progress toward peace and continued settlement expansion was going to put the two-state solution at risk, and threaten Israel’s stated objective to remain both a Jewish State and a democracy. Moreover, unlike in 2011, this resolution condemns violence, terrorism and incitement, which also poses an extremely grave risk to the two-state solution. This resolution reflects trends that will permanently destroy the hope of a two-state solution if they continue on their current course.

The United States has not taken the step of voting in support of this resolution because the resolution is too narrowly focused on settlements, when we all know – or we all should know – that many other factors contribute significantly to the tensions that perpetuate this conflict. Let us be clear: even if every single settlement were to be dismantled tomorrow, peace still would not be attainable without both sides acknowledging uncomfortable truths and making difficult choices. That is an indisputable fact. Yet it is one that is too often overlooked by members of the United Nations and by members of this Council.

For Palestinian leaders, that means recognizing the obvious: that in addition to taking innocent lives – the incitement to violence, the glorification of terrorists, and the growth of violent extremism erodes prospects for peace, as this resolution makes crystal clear. The most recent wave of Palestinian violence has seen terrorists commit hundreds of attacks – including driving cars into crowds of innocent civilians and stabbing mothers in front of their children. Yet rather than condemn these attacks, Hamas, other radical factions, and even certain members of Fatah have held up the terrorists as heroes, and used social media to incite others to follow in their murderous footsteps. And while President Abbas and his party’s leaders have made clear their opposition to violence, terrorism, and extremism, they have too often failed to condemn specific attacks or condemn the praised heaped upon the perpetrators.

Our vote today does not in any way diminish the United States’ steadfast and unparalleled commitment to the security of Israel, the only democracy in the Middle East. We would not have let this resolution pass had it not also addressed counterproductive actions by Palestinians. We have to recognize that Israel faces very serious threats in a very tough neighborhood. Israelis are rightfully concerned about making sure there is not a new terrorist haven next door. President Obama and this administration have shown an unprecedented commitment to Israel’s security because that is what we believe in.

Our commitment to that security has never wavered, and it never will. Even with a financial crisis and budget deficits, we’ve repeatedly increased funding to support Israel’s military. And in September, the Obama administration signed a Memorandum of Understanding to provide $38 billion in security assistance to Israel over the next 10 years – the largest single pledge of military assistance in U.S. history to any country. And as the Israeli Prime Minister himself has noted, our military and intelligence cooperation is unprecedented. We believe, though, that continued settlement building seriously undermines Israel’s security.

Some may cast the U.S. vote as a sign that we have finally given up on a two-state solution. Nothing could be further from the truth. None of us can give up on a two-state solution. We continue to believe that that solution is the only viable path to provide peace and security for the state of Israel, and freedom and dignity for the Palestinian people. And we continue to believe that the parties can still pursue this path, if both sides are honest about the choices, and have the courage to take steps that will be politically difficult. While we can encourage them, it is ultimately up to the parties to choose this path, as it always has been. We sincerely hope that they will begin making these choices before it is too late.

I thank you.

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*Correction: The line should read: “Or the five Israel-specific resolutions adopted this year in the Human Rights Council – more than those focused on any other specific country, such as Syria, North Korea, Iran, or South Sudan – to see that in 2016 Israel continues to be treated differently from other member states.”

White House, On-the-Record Press Call on the U.N. Security Council Resolution on Israeli Settlement Activity, December 23, 2016

Remarks on Middle East Peace, John Kerry Secretary of State, December 28, 2016

Department of State : Principles for Middle East Peace, December 29, 2016

Etats-Unis – Processus de paix au Proche-Orient : discours de John Kerry - Déclaration de Jean Marc Ayrault (28 décembre 2016)

Processus de paix au Proche-Orient - Q&R - Extrait du point de presse du 27 décembre 2016

 

Quartet :

Statement by the Quartet's Principals September 23, 2016

Report of the Middle East Quartet July 1, 2016

 

Israël :

Statement from the office of the Prime Minister of the State of Israel : 

23 Dec 2016

Israel rejects this shameful anti-Israel resolution at the UN and will not abide by its terms. 

At a time when the Security Council does nothing to stop the slaughter of half a million people in Syria, it disgracefully gangs up on the one true democracy in the Middle East, Israel, and calls the Western Wall “occupied territory.” 

The Obama administration not only failed to protect Israel against this gang-up at the UN, it colluded with it behind the scenes. 

​​Israel looks forward to working with President-elect Trump and with all our friends in Congress, Republicans and Democrats alike, to negate the harmful effects of this absurd resolution.
Prime Minister Benjamin Netanyahu ordered a series of diplomatic steps against the countries who cosponsored the anti-Israeli resolution in the Security Council and with whom Israel has diplomatic relations.  

  • Instructed Israel's ambassadors in New Zealand and Senegal to immediately return to Israel for consultations.
  • Ordered the cancellation of the planned visit to Israel of the Senegalese foreign minister in three weeks. 
  • Instructed the Foreign Ministry to cancel all aid programs to Senegal. 
  • Ordered the cancellation of visits in Israel of the non-resident ambassadors of Senegal and New Zealand

PM Netanyahu's remarks at the start of the weekly cabinet meeting, 25 Dec 2016

This morning (Sunday, 25 December 2016) at the start of the weekly Cabinet meeting, Prime Minister Benjamin Netanyahu made the following remarks: ​
"I share ministers' feelings, anger and frustration vis-à-vis the unbalanced resolution that is very hostile to the State of Israel, and which the [UN] Security Council passed in an unworthy manner. From the information that we have, we have no doubt that the Obama administration initiated it, stood behind it, coordinated on the wording and demanded that it be passed. This is, of course, in complete contradiction of the traditional American policy that was committed to not trying to dictate terms for a permanent agreement, like any issue related to them in the Security Council, and, of course, the explicit commitment of President Obama himself, in 2011, to refrain from such steps.
We will do whatever is necessary so that Israel will not be damaged by this shameful resolution and I also tell the ministers here, we must act prudently, responsibly and calmly, in both actions and words. I ask ministers to act responsibly as per the directives that will be given today at the Security Cabinet meeting immediately following this meeting. I have also asked the Foreign Ministry to prepare an action plan regarding the UN and other international elements, which will be submitted to the Security Cabinet within one month. Until then, of course, we will consider our steps."
"Over decades, American administrations and Israeli governments had disagreed about settlements, but we agreed that the Security Council was not the place to resolve this issue. We knew that going there would make negotiations harder and drive peace further away. 
And, as I told John Kerry on Thursday, friends don’t take friends to the Security Council. I'm encouraged by the statements of our friends in the United States, Republicans and Democrats alike. They understand how reckless and destructive this UN resolution was, they understand that the Western Wall isn't occupied territory. 
I look forward to working with those friends and with the new administration when it takes office next month. And I take this opportunity to wish Israel's Christian citizens and our Christian friends around the world a Merry Christmas and a Happy New Year."​​​

PM Netanyahu's remarks at the Chanukah candle lighting at the Western Wall, 25 Dec 2016

"I did not plan to be here this evening but in light of the UN resolution I thought that there was no better place to light the second Chanukah candle than the Western Wall. According to the UN resolution, the Maccabees did not liberate Jerusalem, they occupied Palestinian territory. According to the UN resolution, the villages that they started out from in the Modi'in area, those villages and that area were 'occupied Palestinian territory'.
Of course the Palestinians arrived much later. We were in these places. We will return to these places and I ask those same countries that wish us a Happy Chanukah how they could vote for a UN resolution which says that this place, in which we are now celebrating Chanukah, is occupied territory.
The Western Wall is not occupied. The Jewish Quarter is not occupied. The other places are not occupied either. Therefore, we do not accept, nor can we accept, this resolution. We are certain of our future just as we are certain of our past. And here I would like to light Chanukah candles on behalf of the Glory of Israel. Happy Chanukah."

PM Netanyahu's remarks at the launching of the Galilee development plan, 26 Dec 2016

"I read in several newspapers this morning that they are complaining about my vigorous stand against the countries that voted against us at the UN. Israel is a country with national pride and we do not turn the other cheek. This is a responsible, measured and vigorous response, the natural response of a healthy people that is making it clear to the nations of the world that what was done at the UN is unacceptable to us.
 
There is continuing importance to this response even if there is another attempt or two to harm us in the coming month. But there is no alternative to a determined response because it is, in effect, creating the basis for a different approach in the future. Therefore, to describe our protest as a world war is ridiculous. I suggest – enough of this Diaspora-think. I tell you that there is no diplomatic wisdom in being ingratiating. Not only will our relations with the nations of the world not be harmed, over time they will only improve because the nations of the world respect strong countries that stand up for themselves and do not respect weak ingratiating countries that bow their heads.
                  
Under my leadership Israel is a strong and proud nation. We will continue to defend our state and we will develop the country."

President Rivlin addresses annual reception for Christian leaders, 27 Dec 2016

“I see my role, and the role of the State of Israel, as guardians of this city. As guardians, our sovereignty over Jerusalem will never compromise the freedom of worship and religion for all believers,” the President said. He reiterated, “United Jerusalem is the eternal capital of Israel and so it will remain. There is no international body with the power to revoke this. And as sovereigns of the city, I stand here today to repeat in the clearest way: the State of Israel is deeply committed to ensure the religious rights of all faith communities in Jerusalem and throughout Israel.”
 
The President stressed, “Israel is committed to finding a way to end the tragedy between us and the Palestinians. Time and again, we have held out our hand in peace, and called for direct negotiations, without pre-conditions, and without any delay.  The decision to take Israel to the UN Security Council, was wrong in trying to force pre-conditions, but also in the way it was done. The international community’s, most important job in helping us solve the conflict, is to build trust between the sides. How can we hope, as the Pope said, “to write a new page" in the history of Israel and the Palestinians, without this trust?” He said firmly, “The Security Council vote, was a blow to peace, and it was a blow to trust.”

PM Netanyahu's statement in response to US Secretary of State Kerry's speech, 28 Dec 2016

Prime Minister Benjamin Netanyahu, this evening (Wednesday, 28 December 2016), issued the following statement in response to US Secretary of State John Kerry's speech:
 
"Before why I explain why this speech was so disappointing to millions of Israelis, I want to say that Israel is deeply grateful to the United States of America, to successive American administrations, to the American Congress, to the American people. We're grateful for the support Israel has received over many, many decades. Our alliance is based on shared values, shared interests, a sense of shared destiny and a partnership that has endured differences of opinions between our two governments over the best way to advance peace and stability in the Middle East. I have no doubt that our alliance will endure the profound disagreement we have had with the Obama Administration and will become even stronger in the future.
 
But now I must express my deep disappointment with the speech today of John Kerry – a speech that was almost as unbalanced as the anti-Israel resolution passed at the UN last week. In a speech ostensibly about peace between Israelis and Palestinians, Secretary Kerry paid lip service to the unremitting campaign of terrorism that has been waged by the Palestinians against the Jewish state for nearly a century.
 
What he did was to spend most of his speech blaming Israel for the lack of peace by passionately condemning a policy of enabling Jews to live in their historic homeland and in their eternal capital, Jerusalem.
 
Hundreds of suicide bombings, thousand, tens of thousands of rockets, millions of Israelis in bomb shelters are not throwaway lines in a speech; they're the realities that the people of Israel had to endure because of mistaken policies, policies that at the time won the thunderous applause of the world. I don't seek applause; I seek the security, and peace, and prosperity and the future of the Jewish state. The Jewish people have sought their place under the sun for 3,000 years, and we're not about to be swayed by mistaken policies that have caused great, great damage.
 
Israelis do not need to be lectured about the importance of peace by foreign leaders. Israel's hand has been extended in peace to its neighbors from day one, from its very first day. We've prayed for peace, we've worked for it every day since then. And thousands of Israeli families have made the ultimate sacrifice to defend our country and advance peace.
 
My family has been one of them; there are many, many others.
 
No one wants peace more than the people of Israel. Israel remains committed to resolving the outstanding differences between us and the Palestinians through direct negotiations. This is how we made peace with Egypt; this is how we made peace with Jordan; it's the only way we'll make peace with the Palestinians. That has always been Israel's policy; that has always been America's policy.
 
Here's what President Obama himself said at the UN in 2011. He said: 'Peace is hard work. Peace will not come through statements and resolutions at the United Nations. If it were that easy, it would have been accomplished by now.'
 
That's what President Obama said, and he was right. And until last week this was repeated over and over again as American policy. Secretary Kerry said that the United States cannot vote against its own policy. But that's exactly what it did at the UN, and that's why Israel opposed last week's Security Council resolution, because it effectively calls the Western Wall 'occupied Palestinian Territory,' because it encourages boycotts and sanctions against Israel – that's what it effectively does, and because it reflects a radical shift in US policy towards the Palestinians on final status issues – those issues that we always agreed, the US and Israel, have to be negotiated directly, face to face without preconditions.
 
That shift happened despite the Palestinians walking away from peace and from peace offers time and time again, despite their refusal to even negotiate peace for the past eight years, and despite the Palestinian Authority inculcating a culture of hatred towards Israel in an entire generation of young Palestinians.
 
Israel looks forward to working with President-elect Trump and with the American Congress, Democrats and Republicans alike, to mitigate the damage that this resolution has done and ultimately, to repeal it.
 
Israel hopes that the outgoing Obama Administration will prevent any more damage being done to Israel at the UN in its waning days. I wish I could be comforted by the promise that the US says we will not bring any more resolutions to the UN. That's what they said about the previous resolution. We have it on absolutely incontestable evidence that the United States organized, advanced and brought this resolution to the United Nations Security Council. We'll share that information with the incoming administration. Some of it is sensitive, it's all true. You saw some of it in the protocol released in an Egyptian paper. There's plenty more; it's the tip of the iceberg.
 
So they say, but we didn't bring it. And they could take John Kerry's speech with the six points. It could be raised in the French international conference a few days from now and then brought to the UN. So France will bring it, or Sweden – not a noted friend of Israel – could bring it. And the United States could say, well, we can't vote against our own policy, we've just annunciated it.
 
I think the United States, if it's true to its word, or at least if it's now true to its word, should now come out and say we will not allow any resolutions, any more resolutions in the Security Council on Israel. Period. Not we will bring or not bring – we will not allow any, and stop this game, the charades.
 
I think that the decisions that are vital to Israel's interests and the future of its children, they won't be made through speeches in Washington or votes in the United Nations or conferences in Paris. They'll be made by the Government of Israel around the negotiating table, making them on behalf of the one and only Jewish state – a sovereign nation that is the master of its own fate.
 
And one final thought – I personally know the pain, the loss and the suffering of war. That's why I'm so committed to peace. Because for anyone who's experienced it, as I have, war and terror are horrible. I want young Palestinian children to be educated like our children, for peace. But they're not educated for peace. The Palestinian Authority educates them to lionize terrorists and to murder Israelis.
 
My vision is that Israelis and Palestinians both have a future of mutual recognition, of dignity, mutual respect, co-existence. But the Palestinian Authority tells them that they will never accept, should never accept the existence of a Jewish state.
 
So, I ask you, how can you make peace with someone who rejects your very existence?
 
See, this conflict is not about houses, or communities in the West Bank, Judea and Samaria, the Gaza district or anywhere else. This conflict is and has always been about Israel's very right to exist. That's why my hundreds of calls to sit with President Abbas for peace talks have gone unanswered. That's why my invitation to him to come to the Knesset was never answered. That's why the Palestinian government continues to pay anyone who murders Israelis a monthly salary.
 
The persistent Palestinian refusal to recognize a Jewish state remains the core of the conflict and its removal is the key to peace.
 
Palestinian rejection of Israel and support for terror are what the nations of the world should focus on if they truly want to advance peace, and I can only express my regret and say that it's a shame that Secretary Kerry does not see this simple truth. 
 
Thank you."

President Rivlin addresses Israel’s ambassadors to Europe, 01 Jan 2017

“This is a complex and turbulent time for the State of Israel, but not only for the State of Israel. Last night, Turkey endured yet another terror attack. I send from here my sympathies and wishes for better days, to the families who have lost their sons and daughters, and to the Turkish people after another disaster which has befallen them. The world around us is unsettled and shifting – axes are taking shape; some on a diplomatic level are more comfortable for Israel, like the Sunni axis, and some are hostile and dangerous, like the Syrian-Hezbollah-Iran axis. In the wider sense these changes are not just regional, the shock-waves occurring in the Middle East impact more than metaphorically, but significantly on Europe: as waves of refugees, as terror attacks, and Jihadists, which rove from here to there, and from there to here. As a result of these developments, and other important other progressions of globalization, western democracy is enduring change. The term ‘defensive democracy’ seems accurate in relation to the election results in the US, Brexit, and the strengthening of the populist, national and nationalist and other movements in many countries in Europe. The political agenda for the continent in 2017 is certain to be far from boring for us – and certainly not for you. None more than you know the significance each of these elements for the State of Israel ; on what occurs here, on its relations with the West, with the whole world. Our sovereign power preserves our independence and defends our interests, and will continue to stand forever as the highest priority for the State of Israel. Yet military strength and erecting high walls will never suffice in safeguarding our sovereignty and security. The strength of the State of Israel is drawn from its first days, and the combination of military and diplomatic strength, the integration of industry and technology, of human resources and the ability to build ties. And today – perhaps more than ever – professional diplomacy is a central and crucial component to preserving Israel’s national and international resilience. I stress these elements in Israel’s foreign policy, specifically against the background of UNSC Resolution 2334. In professional terms Resolution 2334 which was adopted against Israel is ‘soft power’; tanks, jets, and missiles were not launched against us and yet the decision harms the legitimacy of the State of Israel. Resolution 2334 and the speech by the Secretary of State place Israel in the dock. In a world where countries use ‘soft power’ such as sanctions and slurs in order to influence and shape global policy, ‘soft power’ also represents a real challenge for the State of Israel. If we will not be sure of our strength and the justness of our path, and in our ability to convince that we act justly, with respect, fairness, and with morality with all the residents of this land, we will be stuck forever in this war. The adoption of the Resolution proves that the Israeli-Palestinian conflict is not only a central issue in your day to day work behind the scenes, but is on the world’s stage and we cannot look the other way in the hope it disappears. At the same time, the Resolution exposes the central point of contention between Israel and the international community. The existence of a clear disagreement between Israel and the international community on the question of the 1967 borders, is sacred to the resolution of the conflict.The international community still sees the 1967 borders as sacred to the solution of the conflict, while within the Israeli Jewish consensus, there are perhaps none who see a return to the 1967 borders as realistic. There are those who would enlarge or narrow, but the majority of the public knows what would not be accepted. This is a genuine, deep, and even sometimes difficult disagreement between Israel and the international community, yet it needs to be clear and open, and we have the duty to address and explain it. And the job of making our views understood rests greatly on you. More than ever we need you.”