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Syrie, l'arrangement sur la trêve du 9 septembre 2016 en questions

Portrait de Pr. Philippe WECKEL
Soumis par Pr. Philippe WECKEL le dim, 09/25/2016 - 11:27

La trêve entrée en vigueur le 12 septembre 2016 a marqué l'issue d'une négociation de plusieurs mois entre Russes et Américains. Elle faisait suite à l'échec d'une précédente trêve convenue par ces deux Etats en février dernier. Or la nouvelle session de l'Assemblée générale s'est ouverte cette dernière semaine dans un climat de pessimisme général sur une trêve qui n'est plus qu'un "zombie" neworkais, alors que les combats ont repris avec une rage particulière en Syrie. Au fur et à mesure de l'accroissement des bombardements russo-syriens à Alep au cours de la semaine la tension est devenue plus vive avec la Russie, atteignant un sommet avec la réunion d'urgence du Conseil de sécurité le 25 septembre.

Tiendra-t-on cet échec manifeste pour acquis ou s'agit-il d'une péripétie dans une négociation qui comporte inévitablement une forme de rapport de forces et une intensité dramatique ? En tout cas, par delà les prévisions ou l'espérance, chacun convient que ce processus de discussion entre la Russie et les Etats-Unis constitue la seule voie concrète pour tenter d'améliorer la situation humanitaire en Syrie et de progresser vers un règlement politique. Les concessions acceptées par les Etats-Unis dans l'arrangement de septembre 2016 étaient importantes, parce qu'elles renforcaient la légitimité de l'action de la Russie en Syrie. Elles étaient néanmoins liées à des préalables non moins essentiels à la charge de la "partie russo-syrienne". Cette formule s'impose progressivement, puisqu'il apparaît de plus en plus que la Russie fait cause commune - ou presque, puisque la nuance est maintenue sur le plan diplomatique - avec le gouvernement de Damas et ne s'en cache pas vraiment. Depuis que la Russie intervient ouvertement en Syrie, bien malin qui peut faire la différence entre un avion ou un hélicoptère syrien et un appareil russe. Dans la guerre totale qui s'est engagée cette semaine à Alep, l'implication de la Russie est évidente. L'utilisation de munitions antibunker porte cette signature russe et désigne sa responsabilité dans des attaques qui ne respectent pas le principe de distinction. Bombes barrils jetées des hélicoptères, armes chimiques, bombes incendiaires (phosphore), armes à sous-munitions explosives, le principe de distinction est bafoué quotidiennement dans une mesure qui relève de l'adhésion ouverte à la barbarie. 

L'arrangement n'a pas été rendu public. On en connait néanmoins la teneur dans les lignes générales. Il comporte deux parties qui correspondent à deux phases d'exécution : la deuxième est subordonnée au plein achèvement de la première, dans l'esprit de la partie américaine. Ainsi le dispositif de coopération militaire contre le terrorisme entre la Russie et les Etats-Unis demandé par Moscou n'est mis en place que lorsque les objectifs de la première phase sont atteints. Le schéma de ce plan peut être présenté comme suit : 

PHASE 1

1. Trêve :

Le début de la trêve  a été fixée au 12 septembre à 19 heures, soit au coucher du soleil qui marque le début du jour saint de l'Aïd al-Adha (Aïd el-Kebir).

La trêve qui devait s’appliquer à l’ensemble de la Syrie était établie pour une durée initiale de 48 heures.  Elle était renouvelée  pour une nouvelle période de 48 heures, puis enfin la première étape pouvait s’achever si la trêve était maintenue de manière continue pendant 7 jours, soit jusque dans la soirée du dimanche 19 septembre.

L’arrangement prévoyait une « cessation des hostilités » et non pas un « cessez-le-feu ». Ce dernier interdit toute utilisation des armes (sauf en cas de légitime défense). Or la cessation des hostilités exclut seulement les attaques aériennes ou les attaques au sol destinées à conquérir du terrain sur l’adversaire.

2. Accès effectif de l’aide humanitaire.

D’importantes mesures en faveur de la population ont été convenues dans l’arrangement.

Celui-ci prévoyait  l'accès humanitaire sans entrave et continu à toutes les zones assiégées et difficiles à atteindre, y compris Alep.

S’agissant spécialement d’Alep l’accord établissait le retrait simultané des combattants des deux camps de la Route de Castello, la grande artère du Nord d'Alep, enjeu militaire principal dans la bataille de l'été dernier. De cette manière la voie devrait être démilitarisée et ouverte à l'approvisionnement humanitaire et à la circulation des civils.  La zone industrielle de Ramouseh (Sud-Ouest de la ville) et autre lieu stratégique dans la bataille devait être ouverte à la circulation de la population (elle est actuellement sous le contrôle de l'armée syrienne).

On éprouve quelques difficultés à imaginer que les forces gouvernementale exécuteraient cette partie de l'arrangement dont l'application mettrait fin en réalité à la bataille d'Alep. On n'y croit pas aux Etats-Unis au moment de la conclusion de l'accord informel et même le Ministre russe des affaires étrangères se montre alors pessimiste sur les chances de la trêve. Ainsi, un accord est conclu, mais personne n'y croit vraiment et chacun affiche son espoir pour affirmer sa bonne volonté.

Pourtant l'exécution du plan a bien commencé. La trêve s'est installée et s'est maintenue pendant les deux périodes de 48 heures. Au cinquième jour néanmoins, il était devenu évident que les mesures humanitaires ne seraient pas mises en oeuvre. En l'absence des garanties de sécurité attendues les convois humanitaires de l'ONU  ne pouvaient se mettre en branle. Aucun signe n'annonçait le retrait des forces syriennes de la route de Castello. Chacun pouvait comprendre que - mais on s'y attendait - le bilan de la première phase à la fin de la semaine serait mitigé, les deux parties se renvoyant mutuellement la responsabilité de l'échec partiel, comme d'habitude dans une négociation avec la Russie. Lorsque le Président Obama tient un Conseil de sécurité dans l'après-midi du 16 septembre l'échec de la Russie dans la mise en oeuvre des mesures humanitaires de l'arrangement est avéré au-delà du doute pour l'Administration américaine.

Un incident grave et imprévu a mis fin brutalement le lendemain à cette première phase chaotique de l'arrangement.  Le 17 septembre des avions de la coalition internationale ont frappé par erreur l'une des positions de l'armée syrienne près de l'aéroport de Deir ez-Zor, faisant au moins 60 morts dans les rangs des soldats. Dans cette ville proche de la frontière avec l'Irak l'armée gouvernementale syrienne est assiégée par les forces de Daech. La Russie n'a pas affirmé que l'attaque visait volontairement les éléments militaires syriens. Le Royaume-Uni et l'Australie ont endossé la responsabilité de cette attaque aux côtés des Etats-Unis. Compte tenu des circonstances et du contexte, le doute sur le caractère accidentel de cette frappe est bien entendu permis. Autre chose est néanmoins d'affirmer qu'une position stratégique de l'armée syrienne a été visée volontairement. Quoiqu'il en soit, la frappe a mis fin aux activités de la coalition internationale dans le secteur de Deir ez-Zor et à l'aide objective ainsi apportée jusqu'à présent aux forces gouvernementales syriennes qui sont aux prises avec Daech dans la zone en question.

 

PHASE 2

L'arrangement prévoyait une coopération opérationnelle entre entre Russes et Américains contre les éléments armés qualifiés de "terroristes". Elle ne devait débuter qu'avec le bon achèvement de la première phase :  "once it is established after seven continuous days of adherence to the cessation of hostilities and increased humanitarian access". Les experts des deux Etats devaient ainsi commencer la discussion en vue d'établir un centre de coordination opérationnel : "Joint Implementation Center" (JIC). Pour la partie russe la priorité était de parvenir à une définition commune des éléments radicaux et de l'opposition modérée. Pour la partie américaine cette coopération devait être engagée progressivement en liaison avec la stabilisation de la situation militaire et avec l'engagement du processus politique. Au vu des éléments connus de l'arrangement on ne perçoit donc pas une unité de vue complète entre les parties sur le processus de la deuxième phase. On observe que les Etats-Unis et la Russie donnent à penser dans cet accord qu'ils pourraient décider sans les intéressés et les Etats tiers concernés quels sont les bons et les mauvais éléments armés et quels renseignements ils pourraient échanger. Si l'on n'a pas cru à la trêve (phase 1), parce qu'elle ne répondait pas aux visées militaires du gouvernement syrien, on ne croit pas non plus à une possibilité de coopération militaire entre Russes et Américains allant au delà de l'information mutuelle pratiquée aujourd'hui (communication des activités aériennes dite de courtoisie, destinée à prévenir les incidents militaires).

A moins d'un changement radicalement positif de la situation humanitaire et politique, les Etats-Unis se seraient coupés de l'opposition syrienne et même de leurs alliés, s'ils s'étaient engagés dans cette seconde phase. Volontaire ou accidentelle la frappe aérienne sur les forces gouvernementales syriennes a eu les conséquences qui auraient été attendues d'une attaque volontaire. 

En effet, elle a d'abord brisé toute possibilité de discussion et de divergence de vues sur une éventuelle entrée en application de la deuxième phase, nonobstant les résultats mitigés et incertains de la trêve. En dépit de l'insistance de la Russie, la diplomatie américaine a fermement refusé la publication des éléments de la deuxième phase de l'arrangement. Les Etats-Unis ont ainsi bloqué l'élaboration d'une résolution du Conseil de sécurité qui aurait eu pour objet de légitimer ou d'endosser l'arrangement. Sans le respêct des conditions préalables (cessation effective des bombardements sur les civils et accès concret et continu de l'aide humanitaire dans les zones assiégées) tout le bénéfice de l'arrangement allait au gouvernement syrien, à la Russie, à l'Iran et au Hesbollah libanais qui ont tous exprimé leur soutien à cet accord. L'arrangement est donc désormais caduc du fait de l'opposition des Etats-Unis, mais les mesures de la première phase sont toujours actives. En effet, elles correspondent à la mise en oeuvre attendue des résolutions pertinentes adoptées par le Conseil de sécurité.  

La frappe accidentelle a ensuite provoqué un déchainement de violence qui s'apparente à des représailles militaires. Avec cette trêve, l'Administration américaine a initié une ultime tentative de règlement diplomatique de la crise syrienne avant les échéances électorales de novembre prochain. Le fiasco de ce dernier "coup" de "smart power" la contraint maintenant à faire face à la détermination de la Russie qui entend bien profiter de la faiblesse des Etats-Unis liée à la fin du mandat du Président Obama pour acquérir un avantage militaire décisif. L'action de l'ONU est paralysée ; les Etats-Unis sont apparemment  impuissants et la crise s'est considérablement aggravée en prenant une direction nouvelle. Quelle que soit l'analyse correcte des événements, leur enchaînement fonctionne comme une confrontation militaire indirecte entre les Russes et les Américains. Ces derniers ont attaqué les forces syriennes protégées par la Russie le samedi. Avant même l'annonce officielle de la fin de la trêve 18 camions d'aide humanitaire affrétés par l'ONU avec l'aide du CICR ont été détruits lundi dans une attaque massive près d'Alep. Bien sûr on avance les hypothèses les moins vraisemblables (combustion spontanée du chargement, attaque par un drone armé américain) pour éloigner le scénario évident d'une attaque dans un espace aérien placé sous le contrôle total de la Russie.

Avec l'implosion du processus diplomatique les apparences s'évanounissent : la Russie est sans détour partie prenante dans une guerre civile totale qui, non seulement n'épargne pas les civils, mais dont la population est la cible et l'enjeu. Peu à peu se dessinent les contours d'une partition de la Syrie qui, dans le contexte d'un possible conflit gelé, jetterait les bases territoriales d'une nouvelle guerre froide.

On évoque Guernica au sujet de la nouvelle bataille d'Alep. La formule ressemble à un aveu d'impuissance. Néanmoins la Russie demeure attachée à ce que son rôle éminent dans l'action diplomatique vers une issue à la crise syrienne soit reconnu. Elle co-dirige le Groupe international de soutien à la Syrie et la tension actuelle dans un contexte de rupture du dialogue privilégié avec les Etats-Unis ne sert pas ses intérêts. Dans cet ordre d'idées la "déclaration des Cinq+UE devrait retenir l'attention, d'autant que l'irritation à l'égard de la Russie est perceptible chez de nombreux pays arabes et que l'ONU se montre aussi très critique. La Russie ne s'attendait vraisemblablement pas une attitude aussi ferme et cassante de la part des Etats-Unis. Les enjeux de puissance pour la Russie sont aussi diplomatiques et cette nécessité oriente vers une reprise du dialogue. Quoiqu'il en soit, l'intérêt des Etats-Unis est désormais de limiter la portée des discussions bilatérales avec Moscou en associant mieux le groupe international de soutien et en exploitant davantage l'appui que leur apportent leurs alliés. Jusqu'à présent ces discussions bilatérales ont systématiquement montré leurs limites et elles ne suffiront pas à sortir de la situation de confusion actuelle. L'idée de la mise en place d'un mécanisme de supervision de la trêve semble faire son chemin.

On évoque aussi Grosny, mais le bombardement d'Alep est sans commune mesure avec le déluge de fer et de feu russe qui s'était abattu sur la capitale de la Tchétchénie. Et l'armée gouvernementale syrienne sous perfusion russe est trop affaiblie pour pouvoir pleinement tirer parti de ce bombardement.

 

Philippe WECKEL

DOCUMENTS

3. Syrie - Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international(Paris, 25/09/2016)

À la demande de la France, des États-Unis et du Royaume-Uni, le conseil de sécurité se réunit aujourd'hui en urgence. Cette réunion doit permettre d'ouvrir la perspective d'un arrêt des combats qui font rage à Alep et qui mettent à nouveau à l'épreuve la population de cette ville martyre.

Le régime de Bachar al-Assad a manifestement fait le choix de l'escalade militaire, alors que chacun sait qu'il n'y aura pas d'autre solution au conflit en Syrie que politique.

J'en appelle donc à ses soutiens, la Russie et l'Iran, à se ressaisir et à faire preuve de responsabilité en mettant un coup d'arrêt à cette stratégie qui conduit à l'impasse. Sinon la Russie et l'Iran seront complices des crimes de guerre commis à Alep.

Il appartient au Conseil de pousser en faveur d'une cessation immédiate des hostilités, d'abord à Alep, et de permettre ainsi un accès de la population à l'aide humanitaire, dont elle a tant besoin.

Comme je l'ai proposé, cette semaine dans toutes les réunions consacrées à la Syrie en marge de l'assemblée générale des Nations unies, il faut également accompagner cette trêve d'un mécanisme de suivi qui permette de créer l'indispensable confiance grâce à la mobilisation de tous les États du groupe international de soutien à la Syrie prêts à y contribuer.

Face à la gravité du drame en cours à Alep, il n'y a plus de temps à perdre pour sauver la population tant éprouvée de nouvelles souffrances. Il s'agit pour tous les membres du conseil de sécurité d'un moment de vérité. Mon voeu le plus cher est que chacun soit à la hauteur de ses responsabilités./.

 

ONU - Secretary-General Appalled by Military Escalation in Aleppo, Syria24 SEPTEMBER 2016

The following statement was issued today by the Spokesman for UN Secretary-General Ban Ki-moon:

The Secretary-General is appalled by the chilling military escalation in the city of Aleppo, which is facing the most sustained and intense bombardment since the start of the Syrian conflict.

Since the announcement two days ago by the Syrian Army of an offensive to capture eastern Aleppo, there have been repeated reports of air strikes involving the use of incendiary weapons and advanced munitions such as bunker buster bombs.  The Secretary-General underlines that the apparent systematic use of these types of indiscriminate weapons in densely populated areas may amount to war crimes.

The Secretary-General considers this a dark day for the global commitment to protect civilians.  The international community has to unite to send a clear message that it will not tolerate the use of indiscriminate and ever more deadly and powerful weapons against civilians and civilian infrastructure.

France -Entretien de Jean-Marc Ayrault au quotidien Libération : « L’Iran et la Russie doivent arrêter la main d’Assad » (27 septembre 2016)

ONU - Le Conseil de sécurité réuni en urgence sur la Syrie alors que les combats font rage à Alep

ONU -La réunion d’urgence du Conseil de sécurité sur la situation à Alep est marquée par de profondes divergences entre les pays occidentaux et la Fédération de Russie

France - 7-Syrie - Réunion d'urgence du conseil de sécurité - Intervention du représentant permanent de la France auprès des Nations unies (New York, 25/09/2016)

ONU - Amid Bloodshed in Aleppo, Special Envoy for Syria Briefs Security Council, Calling on Russian Federation, United States to Save Ceasefire at ‘Eleventh Hour’

USARemarks at a UN Security Council Briefing on Syria;U.S. Permanent Representative to the United Nations Ambassador Samantha Power

UK, "It is difficult to deny that Russia is partnering with the Syrian regime to carry out war crimes"Statement by Ambassador Matthew Rycroft, UK Permanent Representative to the UN at the emergency Security Council meeting on Aleppo

RU - Foreign Minister Sergey Lavrov’s television interview for the Pozdnyakov programme on NTV, September 26, 2016

RU - 27 September 201616:29, Press release on Deputy Foreign Minister Mikhail Bogdanov’s meeting with Syrian Ambassador to Russia Riyad Haddad

On September 27, special presidential representative for the Middle East and Africa, Deputy Foreign Minister Mikhail Bogdanov received Ambassador of the Syrian Arab Republic to Russia Riyad Haddad, at the latter’s request.

The officials discussed developments in and around Syria. The Russian diplomat reaffirmed Russia’s resolve to continue to support the Syrian Government’s fight against terrorism and to promote an early political settlement of the Syrian crisis based on UN Security Council Resolution 2254.

The officials also discussed current issues of Russian-Syrian relations, including high-level contacts.

Déclaration des Cinq (Quint) (24 septembre 2016)

Joint Statement on Syria by the Foreign Ministers of France, Italy, Germany, the United Kingdom, the United States, and the High Representative of the European Union

The foreign ministers of France, Italy, Germany, the United Kingdom, the United States and the High Representative of the European Union have released the following joint statement:

[Begin text]

The devastating events in Syria this week underscore what we have been saying for some time: the burden is on Russia to prove it is willing and able to take extraordinary steps to salvage diplomatic efforts to restore a cessation of hostilities (CoH), allow unfettered humanitarian assistance and create the conditions necessary for the resumption of UN-led talks about a political transition.

The outrageous bombing of a humanitarian convoy, the Syrian regime's public denunciation of the CoH, continuing reports that the regime is using chemical weapons, and the unacceptable ongoing regime offensive on eastern Aleppo, supported by Russia, blatantly contradicts Russia’s claim that it supports a diplomatic resolution. The Quint nations and the European Union High Representative therefore call on Russia to take extraordinary steps to restore the credibility of our efforts, including by halting the indiscriminate bombing by the Syrian regime of its own people, which has continually and egregiously undermined efforts to end this war. We welcome recent proposals made in the International Syria Support Group to enhance monitoring of these efforts.

We reaffirm our commitment to the destruction of Da'esh in Syria and Iraq and urge Russia to follow through on its pledge to actually focus on this group. We also reaffirm our shared view that the Nusra Front, al Qaeda's affiliate in Syria, is a terrorist organization and an enemy of the international community. Nusra rejects a negotiated political transition and inclusive democratic future for Syria, and we call on all armed groups fighting in Syria to cease any collaboration with Nusra.

We demand immediate, expanded humanitarian access to all areas of Syria, including those on the United Nations' priority list, and we deplore the delays and obstruction caused primarily by the Syrian regime of humanitarian deliveries to Syrians in desperate need. We fully support the United Nations investigations of the use of chemical weapons in Syria and are resolved to take further action to address it.

Finally, the Quint and the EU High Representative reaffirm calls made in this week's meetings of the International Syria Support Group for the Co-Chairs to continue their diplomatic consultations on these issues, but also underscore that patience with Russia's continued inability or unwillingness to adhere to its commitments is not unlimited.‎ We therefore also call on the UN Security Council to take urgent further steps to address the brutality of this conflict, and particularly the assault on Aleppo.

 

Remarks Before Meeting With EU High Representative Federica Mogherini, U.K. Foreign Secretary Boris Johnson, French Foreign Minister Jean-Marc Ayrault, German Foreign Minister Frank-Walter Steinmeier, and Italian Foreign Minister Paolo Gentiloni

John Kerry
Secretary of State

(...)

One thing I think all of us join in saying – and I want to make this clear – what is happening in Aleppo today is unacceptable. It is beyond the pale. If people are serious about wanting a peaceful outcome to this war, then they should cease and desist bombing innocent women and children, cease cutting off water and laying siege in medieval terms to an entire community, and work with the international community in order to be able to bring peace to people who are starving – literally starving, but also starving for the possibilities of a future without chlorine dropping on them out of the sky, barrel bombs, and indiscriminate bombing. And Russia needs to set an example, not a precedent – an unacceptable precedent, I might add, for the entire world.

I know we will as a group have more to say about this later today, so I’ll leave it at that. But we also stand absolutely united for a democratic Ukraine, another place where we call on Russia to cooperate and to move forward with a peaceful resolution.

Department of State, Mark C. Toner
Deputy Spokesperson
Daily Press Briefing
Washington, DC
September 26, 2016, SYRIA

 

WHITE HOUSE - Press Briefing by Press Secretary Josh Earnest; Mayor Kasim Reed of Atlanta, GA; and Governor John Kasich of Ohio, September 16, 2016

 

Q    And you said there's a National Security Council meeting this afternoon -- is that -- it's not on the schedule, is it?

     MR. EARNEST:  Yes, it is on the schedule.  The President will be --

     Q    Not on the public guidance.

     MR. EARNEST:  It was not on the guidance last night, but there won't be public access to the meeting.  They'll just be meeting in the Situation Room.  But this is part of the regular series of meetings that the President has done.

     Q    So is the President going to make remarks, as he has after the meeting at the Pentagon and Treasury?

     MR. EARNEST:  No, he will not today.

     Q    And just lastly, the question I asked you yesterday about Syria -- obviously that will come up in this meeting I would think, to some extent.

     MR. EARNEST:  It certainly will.

     Q    Beyond this meeting, is there anything else that the President is doing that -- where he is personally engaged in trying to break this impasse that still has humanitarian aid that is not getting through?  I think we're at four or five days now into this seven-day window.

     MR. EARNEST:  Listen, the situation on the ground in Syria is deeply concerning.  There continue to be populations of innocent Syrians who are not receiving the humanitarian assistance that they badly need.  The United States has fulfilled our responsibility to ensure that those opposition forces have complied with the request to ensure that that humanitarian assistance can flow to the areas where it's needed most.  The Assad regime, however, has not.  They have not complied with the requests to do what's necessary to allow that aid to move. 

And that is squarely the responsibility of President Putin and the Russians.  The Russians are the ones that are party to this agreement.  They are the ones that have made a commitment to use their influence with the Assad regime to reduce the violence and allow humanitarian access.  And either the Russians are unable to live up to the agreement -- maybe they don't have the juice and influence that they claim to have and that we all thought they had, or maybe they're just unwilling.  But in either case, it means that they're not living up to the terms of the arrangement.

     Q    Is this arrangement just crumbling before our eyes?

     MR. EARNEST:  No, I don't think that's the case because part of the arrangement has --

     Q    Is there anything that you've seen over the past couple of days that gives you hope that something positive is going to happen here -- the trucks can start rolling? 

     MR. EARNEST:  Well, first of all, I think the immediate impact has been that there has been a significant reduction in violence across Syria.  That's a positive development.  But we have not seen the corresponding freedom of movement for trucks delivering humanitarian assistance.  And that is also a high priority.  That's something that we also need to see happen.  And we haven't because it's been blocked by the Assad regime.  And that is something that is the direct responsibility of the Russian government.

     Margaret Brennan.

     Q    Josh, did the President make a decision earlier this week to allow U.S. forces to work alongside the Turks in northern Syria, as is being reported?

     MR. EARNEST:  Well, Margaret, what the United States has committed to do is to support efforts of the Turkish government to clear ISIL from what had recently been a previously contested area along their border.  And a month or so ago, the Turks took action, with the support of the United States and our coalition partners, to launch an offensive against ISIL forces along the border.  And they're continuing -- those efforts along the border are continuing, and those efforts continue with the support of the United States.

     Q    But that's not just from the air anymore.  That is on the ground, U.S. forces on the ground, alongside the Turks.  That is what you're addressing?

     MR. EARNEST:  That's correct.  I'm not going to be able to provide a detailed, operational status update in terms of exactly where they are and what they're doing, but there are a variety of ways that the United States can provide support to Turkish forces that are doing this work, and that includes U.S. forces on the ground.

     I'll just point out that the actions that the Turks are taking are consistent with the request that we have been making to the Turks for more than a year.  And we have been pleased to see the Turks pursue this kind of decisive, strategically significant action that will aid our efforts to degrade and ultimately destroy ISIL.  It also will enhance security along the Turkish-Syria border and hopefully put an end to the kind of violence that has spilled over into Turkey.

     I know the Turkish government and the Turkish people have been deeply concerned about some of the terrorist attacks that they had seen, and the United States has been deeply concerned about that violence as well.  And that's yet another reason why we are supporting their efforts to eradicate ISIL from this border region, to secure that border, and better protect the Turkish people.

     Q    You acknowledged Syria is going to be part of the conversation during the NSC meeting today.  The State Department said earlier that John Kerry told his Russian counterpart that the idea of the U.S. and Russian military working together would not happen until aid flows through.  Are you revisiting -- is the administration revisiting that decision to establish the joint operations center?

     MR. EARNEST:  No, there's no revisiting of the arrangement that was reached and announced last week.  The arrangement is quite clear that the kind of military cooperation that the Russians have been desperately seeking for quite some time will not occur until they follow through on their commitment to persuade the Assad regime to reduce violence and allow humanitarian assistance to reach populations in need.

     Q    So President Obama still is willing to partner with Vladimir Putin on this?

     MR. EARNEST:  Only in the context of the agreement, though. So, as we've been saying since last week, the Russians need to deliver on their commitments.  The Russians are the ones who are most interested in enhanced military cooperation.  That's the Russian ask.  But that Russian request will not be granted until they fulfill the commitments that they have made in the context of getting the Assad regime to reduce violence and allow for humanitarian assistance to reach the populations that need it the most.

     Q    John Kerry said earlier this week that this was the last shot, diplomatically, for the White House to try to persuade Assad to do all these things.  Do you see us at that point, that at this meeting today, President Obama would look at whether his premise of finding a way to talk him into doing the right thing is just not worth it?  I mean, is it truly the last shot at a diplomatic deal under this administration?

     MR. EARNEST:  Well, listen, Secretary Kerry -- I referred earlier to his tenacious efforts to broker this agreement.  And in the months that he’s been trying to do that, he and I and others have been asked about a Plan B.  And I haven’t seen anybody articulate what a Plan B would look like.

     Q    And he said there was none.

     MR. EARNEST:  Right.  So I guess the point is that this is why you've heard me say many times that Russia’s credibility is on the line here.  The world is watching, and we're going to find out if Russia has the kind of influence with the Assad regime that they claim to have.  And we’ll find out if they are willing to use that influence to protect their integrity and to live up to the terms of the arrangement.  And if not, if they are unwilling to do so, it’s unclear what the alternatives are.

     Q    But, arguably, American credibility is also at risk here if you continue to provide diplomatic cover when it appears that Assad has no intention to follow through this deal, nor does Russia have the ability, as you've suggested, to follow through to this deal.  So do you see American credibility now at risk?  Is there reason for this to be the last shot?

     MR. EARNEST:  No, I don't see American credibility on the line, because the United States of America has lived up to our commitments, and our commitment has been to look for a way to reduce the violence in Syria, to enhance the provision of humanitarian assistance to those who need it the most, and to expedite a political transition inside of Syria that everybody acknowledges is necessary -- with the possible exception of Bashar al-Assad himself. 

At the same time, we have also been making important progress against ISIL -- both in Iraq and in Syria.  And that includes continuing to take back territory from ISIL, continuing to support Iraqi forces as they do so, continuing to support opposition forces in Syria who take back territory from ISIL.  We continue to enjoy success in taking senior ISIL figures off the battlefield.  Earlier this week, the Department of Defense confirmed that they had succeeded in carrying out a strike against a senior ISIL plotter, Adnani, who was a senior figure in that terrorist organization.  As we continue to apply pressure to their leadership, and continue to make progress on the ground against ISIL, we are making important progress even as we try to deal with the terribly thorny situation inside of Syria.

     Q    So you're not at the point of calling off this deal?  You're not at the point -- even though the U.N. has said that they're not getting any compliance from the Assad regime in letting in aid trucks?  You are willing to just let the clock keep ticking on this, the only leverage being the possibility of future military operations with the Russians?

     MR. EARNEST:  Well, we know that that's significant leverage because we know that the Russians have been publicly asking for that for more than a year.

     The second thing is that leverage has succeeded in reducing violence inside of Syria since this arrangement was announced and went into effect.  But we haven’t gotten everything that Russia committed to provide, which is sufficient leverage on the Assad regime to allow for the delivery of humanitarian assistance.  And that is a critical part of this arrangement.  And military cooperation will not go forward until that element of the arrangement has been completed.

     Q    Will President Obama speak to President Putin at any point about this?  Or is this left to their chief diplomats?

     MR. EARNEST:  I’m not aware of any conversations that are planned at this point.  If there is a conversation like that, we typically let you know about it.  But right now, there is nothing to be negotiated.  It’s clear what everybody has agreed to.  It’s also clear who hasn’t lived up to their end of the bargain, and that's the Russians.

     Q    It’s not that clear what everyone has agreed to because there’s actually no text that's been released.  But that’s another matter.  When do you think you could do that?

     MR. EARNEST:  I think there’s been a rather clear description of exactly what the stages are in this arrangement.  And it’s not as if -- I guess to that point, Margaret, it’s not as if the Russians are claiming somehow that they've done everything that they agreed to do.  In the readout of his telephone call with Secretary Kerry, Foreign Minister Lavrov acknowledged that they had not yet fulfilled their responsibilities to get the Assad regime to provide that humanitarian assistance.  So it’s not as if the Russians are claiming that they lived up to their end of the deal. 

     So, again, I think there is a lot of clarity around what the arrangement looks like even though the paperwork has not been released.

 

WHITE HOUSE - Readout of the President’s National Security Council Meeting on the Counter ISIL Campaign, September 16, 2016

President Obama today convened his National Security Council to discuss the global campaign we are leading to degrade and destroy ISIL. The President was briefed on multiple advances against ISIL that the Coalition has enabled across the battlefield in both Iraq and Syria, noting that the Iraqis have now reclaimed over 50 percent of the territory once controlled by ISIL, while our partners across northern Syria have essentially closed off ISIL's access to the Syrian border with Turkey and the outside world. The President directed his team to continue close coordination with all of our partners in the Counter ISIL fight as we build on this momentum to plan operations to further pressure ISIL. The President expressed deep concern that, despite decreased violence across the country, the Syrian regime continues to block the flow of critical humanitarian aid. The President emphasized that the United States will not proceed with the next steps in the arrangement with Russia until we see seven continuous days of reduced violence and sustained humanitarian access.

 

Statement by Pentagon Press Secretary Peter Cook on Coalition Airstrike in Syria

Press Operations

Release No: NR-329-16 
Sept. 17, 2016
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The Department of Defense continues to gather information on a coalition airstrike in Syria earlier today. While we are still trying to determine all the facts, if we mistakenly struck a Syrian military position we regret doing so, especially the loss of lives. 

As Centcom previously disclosed, the coalition aircraft conducting the mission believed they were striking ISIL forces near Dayr Az Zawr. In addition, the coalition air operations center earlier in the day notified Russian officials that coalition aircraft would be operating in that area, and no concerns were voiced at that time. 

We will review all aspects of this strike to determine what if any lessons should be learned. In the meantime, the coalition's effort will remain focused on delivering ISIL a lasting defeat.

 

Centcom - Coalition halts airstrike in progress against possible Syrian military position

Sept. 17, 2016

The Department of Defense continues to gather information on a coalition airstrike in Syria earlier today. While we are still trying to determine all the facts, if we mistakenly struck a Syrian military position we regret doing so, especially the loss of lives. 

As Centcom previously disclosed, the coalition aircraft conducting the mission believed they were striking ISIL forces near Dayr Az Zawr. In addition, the coalition air operations center earlier in the day notified Russian officials that coalition aircraft would be operating in that area, and no concerns were voiced at that time. 

We will review all aspects of this strike to determine what if any lessons should be learned. In the meantime, the coalition's effort will remain focused on delivering ISIL a lasting defeat.

Centcom: Investigation of Coalition Strike on Syrian Forces to Begin Soon, Sept. 20, 2016

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Commentaires

Portrait de Pr. Philippe WECKEL

Attaques contre des établissements de santé: Ban Ki-moon dénonce des crimes de guerre en Syrie

28 septembre 2016 – Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a vivement dénoncé mercredi les « crimes de guerre » commis quotidiennement en Syrie lorsque des hôpitaux ou cliniques sont pris pour cible de bombardements.

« Ce matin, nous avons reçu des informations concernant des frappes aériennes contre deux hôpitaux à Alep. Soyons clairs: ceux qui utilisent des armes de plus en plus destructives savent parfaitement ce qu'ils font. Ils savent qu'ils commettent des crimes de guerre », a déclaré M. Ban devant le Conseil de sécurité réuni sur le thème de la protection des civils et des soins de santé dans les conflits armés.

Décrivant l'horreur d'une situation où « des gens ont des membres arrachés » et des enfants sont « dans d'atroces souffrances sans secours (…) n'ayant nulle part où aller et sans répit en vue », M. Ban a lancé aux représentants des 15 Etats membres : « Imaginez un abattoir. Eh bien c'est pire. Même un abattoir est plus humain ».

« Les hôpitaux, les cliniques, les ambulances et le personnel de santé à Alep sont l'objet d'attaques 24 heures sur 24 ». Selon l'association Médecins pour les droits de l'homme, 95% du personnel médical qui se trouvait à Alep avant la guerre ont fui, ont été arrêtés ou ont été tués. « C'est une guerre contre les prestataires de soins médicaux en Syrie », a dénoncé le chef de l'ONU.

Soulignant que le public ne faisait pas la distinction entre les Etats membres de l'ONU, le Conseil de sécurité ou le Secrétaire général, M. Ban a dit au Conseil au sujet des habitants de la deuxième ville de Syrie: « Nous les avons abandonnés. Nous devons agir, des comptes doivent être rendus ».

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What's in Blue

posted on WED 28 SEP 2016 2:13 PM

Syria: Briefing on Humanitarian Situation

 

Professeur à l'Université de Nice