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FOCUS-Crise en Ukraine, le pergelisol russe

Portrait de Pr. Philippe WECKEL
Soumis par Pr. Philippe WECKEL le mer, 01/07/2015 - 21:31
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Bulletin numéro 407 du 19/10/2014​. Poursuite de la cristallisation du conflit - La réunion bilatérale américano-russe à Paris et les réunions européennes en marge du sommet euro-asiatique de Milan - La position russe est un permafrost dont seule la couche apparente est souple - Evolution de la rhétorique du Ministre russe - Argumentation aberrante et affirmations invraisemblables - Aveuglement - Illustration dans le domaine économique - Théorie du complot derrière la chute des prix du pétrole - La chute du rouble et la loi de Gresham - La capacité de la production russe à se substituer aux importateurs en question - Aveuglement similaire en Ukraine - Incapacité à s'adapter à la résistance de l'Ukraine et à l'unité transatlantique dans les sanctions - Impossibilité de mettre en oeuvre intégralement le Protocole de Minsk - Discussion des Européens avec la Russie - Chercher à être utile à défaut de pouvoir faire bouger la Russie - L'issue de la crise dépend désormais d'un éventuel changement de la politique russe qui n'est pas d'actualité - Documents

La semaine écoulée a connu une forte animation diplomatique au sujet de la crise en Ukraine. On voit à l’œuvre la détermination franco-allemande à sortir de la profonde impasse actuelle. A considérer les déclarations officielles qui en sont issues l’impression est plutôt que la « cristallisation » du conflit a encore progressé. A Paris lors de la rencontre entre le secrétaire d’Etat américain et le ministre russe des affaires étrangères lundi dernier et lors des discussions avec les dirigeants européens qui se sont tenues en marge du sommet Europe-Asie la glaciation de la situation a été très perceptible. Plus précisément, c'est d'une cristallisation de la position russe dont il faut parler. La position russe sur l'Ukraine est un permafrost (pergélisol) et seule la couche apparente présente une certaine souplesse.

On a déjà oublié les éclats de rires sous les lustres de cristal à l’Hôtel d’Estrée, résidence de l’ambassade de la Fédération de Russie à Paris. Les rencontres parisiennes entre Messieurs Lavrov et Kerry témoignent aujourd’hui du climat glacial des relations entre la Russie et les Etats-Unis. Bien entendu il n’y a plus de déclaration commune, encore moins de conférence de presse commune. Il faut donc se contenter des déclarations unilatérales pour analyser les échanges entre la Russie et les Etats occidentaux et le compte-rendu est toujours divergent. Au printemps dernier l’ambassadrice des Etats-Unis et l’ambassadeur de France à New-York ont rivalisé dans les traits sarcastiques visant les propos excessifs et parfois délirants de l’ambassadeur de Russie. Aujourd’hui c’est le prince de la diplomatie internationale, Serguei Lavrov, qui tient ce type de discours.

On n’évoquera pas ici l’influence des Illuminati, les crucifixions d’enfants ou les « charniers » en Ukraine… Néanmoins, comment une grande puissance peut-elle soutenir que le président de la République de l’Ukraine élu au suffrage universel direct à l’issue d’élections transparentes qui ont dégagé une nette majorité serait issu d’un coup d’Etat ? Cette argumentation russe traduit une totale incapacité à adapter le discours à l’évolution de la réalité. Il n’est pire sourd que celui qui ne veut rien entendre, n’est-ce pas ?

C’est dans le domaine économique que cet aveuglement est le mieux illustré. La prochaine réunion du G20 devrait marquer l’échéance d’une réflexion sur l’opportunité d’adopter de nouvelles sanctions. A vrai dire on ne s’attend pas à une progression significative des mesures restrictives contre la Russie dans un proche avenir. La raison est cynique : la Russie creuse sa tombe et il n’est même pas nécessaire de l’y pousser. Il faut comprendre l’évolution accélérée de la situation. La théorie complotiste vient au secours de ceux qui ne veulent rien entendre : l’actuelle baisse du prix du pétrole serait causée par une action des Etats-Unis visant à affaiblir la Russie. L’Arabie saoudite ne baisse pas sa production pour stabiliser les cours ? C’est bien la preuve, dit-on, de l’existence d’un accord secret avec les Etats-Unis. La bonne explication est pourtant bien plus simple. Avec l’exploitation du pétrole de schiste les Etats-Unis sont passés de la situation de premier importateur à une quasi-autosuffisance. Dans un contexte de baisse de la demande due au ralentissement économique mondial, les stocks s’accumulent et le prix du baril baisse. Que fait la Russie ? Dans la précipitation elle augmente la production ! Que fait l’Arabie saoudite ? Sagement, elle attend que le marché retrouve son équilibre. Pour la troisième fois dans son Histoire récente (1988, 2008 et 2014), la Russie est confrontée aux fluctuations négatives du prix du pétrole. De ces crises profondes (la première a donné le coup de grâce à l’Union soviétique), ses dirigeants n’ont su tirer aucune leçon. Ils ont maintenu une économie de rente qui préserve la position de l’oligarchie. La Russie ne s’amende pas, parce que le déséquilibre structurel de son économie est inhérent à son mode de gouvernement.

S’agissant de la crise du rouble, les sanctions n’ont eu qu’un « effet de mèche », mais la situation se dégrade par son propre mouvement en lien avec la chute de la croissance et la baisse du prix du pétrole. Elle obéit désormais à l’antique et élémentaire loi de Gresham : « la mauvaise monnaie chasse la bonne ». L’idée d’une évolution maîtrisée du rouble grâce aux réserves de la banque centrale est une illusion. Sur les quelques 450 milliards de dollars dont elle disposerait encore, seuls 220 sont constitués de devises étrangères, le reste se répartissant entre le stock d’or et les réserves qui sont à la discrétion du gouvernement. Or en 2OO8 la banque centrale a englouti 200 milliards comme on verse de l’eau sur le sable. Aujourd’hui elle ne peut qu’accompagner la baisse du rouble par ses interventions quotidiennes sans pouvoir la stopper. Sur le marché des changes elle est généralement le seul vendeur de devises fortes et le seul acquéreur de roubles. En effet, l’économie russe est saisie d’une inextinguible soif de devises étrangères. Ces dernières quittent l’économie, soit vers les créanciers étrangers, soit pour la thésaurisation. Tous les Russes vont se constituer une épargne de sécurité en devises étrangères maintenue hors du circuit financier (coffre ou bas de laine).

L’expression familière « ça ne vaut pas un kopeck » (ou copek) daterait du début du XIXème siècle. Ceux qui envisagent aujourd’hui d’ériger le rouble en une monnaie susceptible de concurrencer le dollar américain, l’euro ou le yuan dans les échanges internationaux se réfugient dans un rêve pour ne pas affronter une réalité implacable.

L’idée selon laquelle la diminution des importations profiterait à la production russe en biens d’équipement et de consommation n’est pas aberrante, à première vue, mais cette production n’est pas en mesure de satisfaire cette demande intérieure. Elle été incapable d’y répondre pendant les années fastes ; elle y parviendra encore moins dans le contexte de l’affaissement de l’investissement étranger. La chute des importations provoque une augmentation des prix. Or cette inflation aggravée par la dévaluation pèse sur la consommation et l’investissement.

Tous les discours rassurants, voire triomphants, contribuent donc finalement à affaiblir la résilience de la société russe face à la crise actuelle. Mais cet aveuglement est aussi perceptible dans l’attitude de la Russie envers l’Ukraine. Jusqu’à présent on pouvait analyser la situation découlant du protocole de Minsk comme une trêve partielle, un cessez-le feu imparfait ou un conflit gelé encore actif. Or les incidents armés sont persistants et quotidiens. La confrontation a baissé en intensité, mais elle se maintient durablement. Le conflit est donc toujours actif et la trêve n’est pas réalisée.

L’organisation par les séparatistes pro-russes d’élections dont le résultat est acquis, même si les électeurs ne se déplacent pas, est le seul événement prévisible de cet automne. La Russie ne pourra pas manquer de reconnaître cette tentative de sécession. Quant aux élections organisées par l’Ukraine, on ne parvient pas à imaginer les circonstances qui permettraient un déroulement sans pression, ni violence dans les zones sous contrôle russe. Or la situation sur le terrain après la sécession de fait sera toujours aussi dégradée et les tensions internationales avec la Russie seront encore aggravées. Quel est alors finalement l’intérêt de cet Etat dans le processus à venir ? Il développe une rhétorique et il s’y tient de manière cohérente, mais quels sont ses desseins et son projet ?

Le gouvernement de Moscou ne s’attendait pas à la détermination des Ukrainiens, ni à l’unité transatlantique. Il est sans doute pris de court. Il a pu se rendre compte cette semaine qu’il n’existe aucune marge de transaction ; il n’a vu en face de lui que ce qu’il perçoit comme une forme d’intransigeance. En réalité il est parvenu au fond d’une impasse et même le repli semble impossible. Que faire de cette région industrielle en déclin, dévastée, vidée de la moitié de ses habitants, occupée par quelques milliers de miliciens surarmés, ivrognes pour beaucoup, divisés en clans rivaux, incontrôlables ? Ils sont là pour se battre et ne savent rien faire d’autre. Quelle quantité invraisemblable de munitions a été utilisée contre l’aéroport de Donetsk ? Combien de miliciens ont été perdus dans ces innombrables vagues d’assaut qui ont échoué ? Il est pourtant impensable de désarmer ces groupes armés, héros de la Russie éternelle, impensable aussi de leur fermer la frontière. On pourrait dresser le tableau terrible des difficultés gigantesques qui attendent la Russie si elle persistait à garder la main sur l’Est de l’Ukraine. On échouerait pourtant à ébranler une pensée désormais fermée.

Il est impensable donc pour la Russie de mettre en œuvre pleinement le protocole de Minsk et même, peut-être, de déterminer le tracé, accepté par tous, de la ligne de démarcation marquant le territoire des deux zones sécessionnistes. Lorsque la Chancelière Angela Merkel détaille méticuleusement devant Vladimir Poutine les 12 articles du Protocole de Minsk et les 8 du Mémorandum ce dernier développe la rhétorique russe. On apprécie particulièrement l’évolution positive du dossier du gaz affirmée par différents participants. Pourtant aucun résultat concret n’a été enregistré, mais la voix paisible de la raison a été défendue. On s’est exprimé sans détour. A défaut de pouvoir régler la question essentielle de la restauration de l’intégrité territoriale de l’Ukraine, on a voulu être utile.

Il suffit de mettre en œuvre le protocole de Minsk dans ses différents éléments et donc de restaurer l’intégrité territoriale de l’Ukraine pour sortir progressivement de la crise. La loi sur le statut spécial des régions de l’Est est promulguée. L’OSCE est prête à remplir ses missions. Tout est préparé pour garantir les droits du fournisseur de gaz. On n’attend donc que la Russie. Le règlement de la crise en Ukraine est maintenant une question interne russe. En effet, on ne lutte pas à armes égales contre l’irrationalité et les discussions en « format Normandie » ne changeront rien à la position russe, tant que l’état d’esprit n’aura pas évolué en Russie. On peut soutenir que la propagande est un instrument de la politique d’Etat. Or on n’en est plus là en Russie. C’est désormais la rhétorique construite par la propagande qui détermine la politique extérieure. On croit que l’approche russe évoluera après les élections législatives en Ukraine qui achèveront le processus de transition politique. On prête ainsi une rationalité ouverte à la politique du dirigeant russe, alors qu’il raisonne dans un système de pensée fermé et même verrouillé.

DOCUMENTS

Opening remarks and answers to media questions by Russian Foreign Minister Sergey Lavrov during a news conference following talks with US Secretary of State John Kerry and the French Foreign Minister, Laurent Fabius, Paris, 14 October 2014

Comment by the Information and Press Department of the Ministry of Foreign Affairs of Russia in connection with the incorrect publications in the media on the anti-terror cooperation between Russia and the United States in the context of the events in the Middle East

Remarks, John Kerry, Secretary of State, Paris, France, October 14, 2014

Jen Psaki, Spokesperson, Daily Press Briefing, Washington, DC, October 15, 2014

QUESTION: Okay. Yesterday after talks with Minister Lavrov, to me it seemed that Kerry – Secretary Kerry was sounding, like, a bit different from what he was previously in terms that he never mentioned any word “isolation” of Russia, for example. But he talked a lot with – about cooperation with Russia on other issues, like ISIS, Iran, and others. So obviously, differences on Ukraine are still there, but they don’t seem to be an obstacle for cooperation on those areas anymore. So would that be correct to say that U.S. is no longer seeking, like, isolation of Russia? I mean political – not economic sense, but political isolation.

MS. PSAKI: Well, I think as I noted in response to, I think, Roz’s question – and now I’ve forgotten who asked the Russian question --

QUESTION: I did.

MS. PSAKI: -- there are still – Ukraine was an issue that was discussed at length during the meeting, and Secretary Kerry pressed in particular on the need for the full implementation of all of the 12 points of the September 5th Minsk Agreement. And he also emphasized that the only legitimate – that only through legitimate elections in Ukraine and through additional steps that Russia needs to take can we return to a place where we have some agreement on the issue.

The fact is, though, we have disagreement on that and we’re hoping to get to an area of more agreement, but there are still areas where we can work together. There was – there have been a range of conversations with Russia over the course of the last eight months to a year, even while we’ve had disagreement on Ukraine, and we think we can work together on issues even when there are some we disagree on.

QUESTION: Okay. And just to follow up on her question, was – did Russia offer the help on ISIS, or was that United States who asked for help?

MS. PSAKI: Of course, ISIL was a discussion during the meeting, but certainly, it’s Russia’s decision to make about what their contributions would be.

Jen Psaki, Spokesperson, Daily Press Briefing, Washington, DC, October 16, 2014,

QUESTION: Russia?,

MS. PSAKI: Sure.

QUESTION: Admiral Kirby, I want to ask you about some remarks that the Russian defense minister said today. I guess he was responding to a speech that Secretary Hagel gave and he said – I’ll read you the quote – “Chuck Hagel’s thesis on the necessity for the American Army to deal with modern and capable Russian armed forces on NATO’s doorstep is of grave concern,” and he said, “It’s proof that the Pentagon is working on scenarios for operations at the borders of our country.”

He thinks the U.S. military is planning some sort of aggressive action there. Do you want to respond or give some context there? I mean, were those comments made as any kind of threat?

RADM KIRBY: I had – I have not had a chance to see the minister’s comments. But what I – rather than say what it isn’t, let me tell you what the Secretary’s point was yesterday when he gave his speech at the AUSA conference. And that is that the Army, just like the rest of the military, have to deal with two really important environments right now. One is fiscal, the other is security. The fiscal environment is very perilous now. Sequestration is still being held over our heads. And if it remains the law of the land, we don’t believe – and the Secretary said this yesterday – that we’re going to be able to meet the needs of the defense strategy, the President’s defense strategy. It’s that severe, particularly to our readiness accounts.

The other environment is the strategic environment, and that is also extremely dynamic and uncertain right now. And that uncertainty is fed by what President Putin is doing inside and outside Ukraine, and it would be imprudent for us not to be thinking about the kinds of readiness capabilities we need to have throughout Europe, because we have significant treaty commitments through NATO to our allies there. So what the Secretary was referring to was not about – it was not about any – there was no threatening comments in that speech aimed at any one country, but he was speaking very candidly about the threats that we’re facing around the world from a fiscal perspective and from a security perspective, and our need to be ready for it.

And all the services – not just the Army – have got to adapt to this environment. And that’s going to – it takes a little bit of belt-tightening for sure, actually more than a little bit, but it’s also going to take a lot of innovative thinking – and this is what the Secretary was referring to – about how we posture the military going forward. That’s what he was calling for in that speech.

QUESTION: Can I ask you what he meant by calling it “revisionist Russia”?

RADM KIRBY: “Revisionist Russia”?

QUESTION: Yeah. What does that mean?

RADM KIRBY: Well – the Secretary?

QUESTION: Yeah, Secretary Hagel.

RADM KIRBY: I think what he’s referring to there is that there appears to be in their intentions and their motives a calling back to the glory days of the Soviet Union.

QUESTION: All right. He also used the phrase “its army,” meaning Russia’s army, “on NATO’s doorstep.” Why is that? Is it not logical to look at this and say the reason that the Russian army is on NATO – the Russian army is at NATO’s doorstep is because NATO has expanded rather than the Russians expanding? That in other words, NATO has moved closer to Russia rather than Russia moving closer to NATO? Is that not an accurate way to look at this?

RADM KIRBY: I think that’s the way President Putin probably looks at it. It’s certainly not the way that we look at it.

QUESTION: But you don’t think that NATO has expanded eastward toward Russia?

RADM KIRBY: NATO has expanded --

QUESTION: Okay.

RADM KIRBY: -- and the expansion has been a good thing for --

QUESTION: So the reason that the Russian army is at NATO’s doorstep is not the fault of the Russian – or not the – it’s not the Russian army that’s done it. It’s – NATO has moved closer to – moved east.

RADM KIRBY: I’m pretty sure it wasn’t NATO who was ordering upwards of 15 battalion tactical groups to within 10 kilometers of the border with Ukraine, and I’m pretty sure it wasn’t NATO who put little green men inside Ukraine to destabilize eastern cities.

QUESTION: Okay. Well, I’m pretty sure that Ukraine is not a member of NATO, so unless that’s changed --

RADM KIRBY: It’s not changed --

QUESTION: Okay. So --

RADM KIRBY: -- but I’m pretty sure the movement by Russia is Russia’s decision.

QUESTION: Has NATO – if NATO has moved east, the reason that the Russian army is closer or on NATO’s doorstep is because NATO moved, not because --

RADM KIRBY: NATO is not an anti-Russia alliance. NATO is a security alliance.

QUESTION: For 50 years, it was an anti-Soviet alliance. So do you not understand that --

RADM KIRBY: Where’s the Soviet Union now?

QUESTION: So – well, do you not understand how, or can you not even see how the Russians would perceive it as a threat, and the fact that it keeps getting closer to their border while their troops – I mean, the places where their troops are – you say their troops are, and they may have been in Ukraine and Georgia – are not NATO members?

 

RADM KIRBY: I don’t have – I’m not going to pretend to know what goes in President Putin’s mind or Russian military commanders.

QUESTION: Okay.

RADM KIRBY: I mean, I barely got a history degree at the University of South Florida.

QUESTION: All right. (Laughter.)

RADM KIRBY: What I can tell you is that NATO is a defensive alliance. It remains a defensive alliance.

QUESTION: Fair enough, but it has moved east, correct? I mean, that’s just a fact.

RADM KIRBY: It has expanded, absolutely.

QUESTION: Right, exactly, and so the reason --

RADM KIRBY: But there’s no reason for anybody to think the expansion is a hostile or threatening move, and we’ve been saying that throughout the last 15 years, Matt.

QUESTION: But no – this is like getting – you’re moving closer to Russia, yet you’re blaming the Russians for being close to NATO.

RADM KIRBY: No, no, no, no.

QUESTION: That’s exactly what Hagel said.

RADM KIRBY: What we’re blaming the Russians for are violating the territorial integrity of Ukraine --

QUESTION: Of Ukraine --

RADM KIRBY: -- and destabilizing the security situation inside Europe.

QUESTION: Okay, which is not a NATO member – which is not a NATO member.

RADM KIRBY: I cede to you on that point.

MS. PSAKI: Other countries feel threatened –

5-Ukraine - Russie - Séminaire international du Mouvement des entreprises de France - Intervention de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international (Paris, 13/10/2014)

Q - Comment voyez-vous l'évolution de la situation en Russie et en Ukraine ?

R - Pour ce qui est de l'évolution de la situation en Russie et en Ukraine, il faut savoir que nous sommes historiquement, géographiquement et culturellement des amis de la Russie. Et notre souhait, c'est d'entretenir de bonnes relations avec la Russie. Simplement, il s'est produit depuis quelques temps des événements qu'en tant que puissance internationale, nous ne pouvons pas accepter. Lorsque la Russie décide d'annexer une région d'un autre pays, la Crimée, qui est une partie de l'Ukraine, c'est quelque chose qui du point de vue de la communauté internationale n'est pas acceptable. Inacceptable non seulement pour la Crimée, mais si on accepte ce type de principes, alors, imaginez ce que cela signifie en Europe, en Afrique, en Asie et ailleurs. Nous sommes amenés à réagir.

De la même façon, lorsque la Russie, dans les conditions que l'on sait, est présente dans toute la partie Est de l'Ukraine, au point que l'unité, l'intégrité et l'indépendance de l'Ukraine sont menacées, c'est quelque chose qu'on ne peut pas accepter sans que cela ait beaucoup de conséquences. Personne de raisonnable ne peut soutenir qu'on va faire la guerre à la Russie. C'est absurde. Et donc, entre n'avoir aucune réaction ou bien avoir des réactions absurdes, c'est toute la place de la diplomatie.

Et le choix de la diplomatie française a été de dire : à la fois fermeté - cela s'appelle des sanctions - et dialogue pour essayer de trouver une solution politique. La France a été et est encore le pays qui, avec l'Allemagne, permet ce dialogue. C'est ce qu'on appelle le format de Normandie où le président français a fait se réunir à la fois la chancelière Merkel, le président Poutine et le président Porochenko. Et cette formule peut continuer à être utilisée parce que pour se mettre d'accord, il faut déjà se parler.

Et en même temps, nous avons été amenés à prendre ou à nous associer à des sanctions parce qu'il s'agit d'empêcher que ce qui a été fait par le président Poutine à l'égard d'un pays - en l'occurrence l'Ukraine - soit répété à l'égard de l'Ukraine ou d'autres pays. Il y a déjà les cas de la Géorgie et de la Moldavie. Il peut y avoir d'autres tentations. Il y a, en liaison avec nos voisins européens et nos partenaires américains, trois degrés de sanctions qui ont été pris. Le 26 octobre, des élections législatives se tiendront en Ukraine. Du même coup, la situation est un peu entre-deux parce que le président ukrainien, le président Porochenko, essaye bien sûr de constituer une majorité. Et les Russes semblent faire baisser la tension. Mais est-ce que ce sera durable ?

Nous souhaitons qu'il y ait la paix et la sécurité, c'est-à-dire que l'Ukraine soit dans une situation où elle ait à la fois de bonnes relations avec l'Union européenne, non pas qu'elle rentre dans l'OTAN, et de bonnes relations avec la Russie. Vous savez, la diplomatie, c'est souvent de la géographie et un peu d'histoire. Et la géographie fait que ces pays sont voisins. Nous travaillons en ce sens mais nous ne sommes pas sûrs, à nous seuls, de convaincre M. Poutine. Vous avez l'habitude des discussions. Vous arrivez avec une position. Si vous n'avez pas de position, vous avez peu de chances de faire prévaloir votre point de vue. Donc vous devez avoir une position mais, en même temps, vous n'êtes pas absolument assurés, malheureusement, de convaincre votre partenaire ou celui qui est en face de vous.

C'est dans ce sens-là que nous travaillons et nous souhaitons vraiment - et la France est, de ce point de vue-là, un médiateur - que les relations s'apaisent. Mais je ne peux, à ce stade, vous donner aucune certitude. Je pense que M. Poutine a son propre calendrier, voulant bâtir au-delà du territoire propre de la Russie une espèce de glacis protecteur. Et évidemment, si à un certain moment, il n'y a pas une fermeté qui est affichée, le glacis va s'étendre. Cela pose de gros problèmes pour nos entreprises. Vous savez que, maintenant, la France est devenue le 2ème investisseur en Russie. Et je connais beaucoup de responsables d'entreprises qui s'interrogent. Ils veulent travailler avec la Russie, nous le souhaitons aussi, mais ils comprennent en même temps qu'il y a un point de vue général et qu'on ne peut pas tout accepter. Je pense, j'espère que dès après l'élection de ce qu'on appelle la Rada, nous aurons un point de vue qui sera un peu plus stabilisé et, j'espère, dans le sens positif.

En marge du Sommet Europe-Asie, Milan

France –Président de la République, Déclaration à l'issue du Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement Europe-Asie

(note. Le décalage entre le propos apaisant du Président français et la posture maintenue par la Russie est saisissant. Rien n’autorise à imaginer dans les circonstances actuelles que les élections de la Rada pourront être organisées dans les territoires sous contrôle russe, ni le déploiement des observateurs de l’OSCE à la frontière russo-ukrainienne. La diplomatie en format Normandie n’a pas de prise sur la réalité en ce moment).

Vous comprendrez bien qu’en marge de ce Sommet, il y a la question ukrainienne. Cela a été l’objet –j’en remercie le Président RENZI- d’avoir une rencontre ce matin. Il y avait non seulement Matteo RENZI qui préside l’Union européenne pour les six mois de la Présidence italienne. Il y avait également le Président BARROSO, le Président VAN ROMPUY, David CAMERON, Angela MERKEL et moi-même, avec les deux parties prenantes, c’est-à-dire le Président POROCHENKO et le Président POUTINE.

Le mérite de cette réunion, c’est d’avoir rappelé les principes. Quels sont-ils ?

Le premier principe, c’est le respect du cessez-le-feu et il doit être vérifié, j’y reviendrai.

Le deuxième principe, c’est l’application de l’accord de MINSK, l’accord qui était intervenu le 5 septembre et qui engageait, avec un calendrier, le règlement de la crise ukrainienne avec l’ensemble des protagonistes, c’est-à-dire d’abord les Ukrainiens mais aussi le Président POUTINE.

Le troisième principe, c’est l’intégrité territoriale de l’Ukraine, qui doit être le cadre des élections qui vont se tenir dans les prochains jours.

Le caractère positif de la réunion de ce matin est d’avoir permis de rassembler autour de ces principes tous ceux qui étaient autour de la table. Cela veut dire, la Russie et l’Ukraine.

J’ai souhaité avec Angela MERKEL que nous puissions poursuivre cette discussion, conformément à ce que nous avions déjà engagé, vous vous en souvenez, c’était le 6 juin, à l’occasion des cérémonies liées au débarquement, en Normandie. Depuis cette date d’ailleurs, nous parlons de « format Normandie ». Ce format est une référence pour le passé, mais aussi pour l’avenir, une référence de paix.

Ce que nous ferons en début d’après-midi avec la Chancelière, le Président POUTINE, le Président POROCHENKO et moi-même, c’est la mise en œuvre des principes que nous avons rappelés ce matin.

Comment faire respecter le cessez-le-feu ? La France et l’Allemagne ont déjà annoncé que des drones étaient à la disposition de l’OSCE, pour vérifier le respect du cessez-le-feu et le contrôle de la frontière, pour faire en sorte qu’il n’y ait pas de circulation de combattants ou qu’il y ait le retrait des armements. Et c’est ce que nous devons mettre en œuvre le plus rapidement possible. C’est le Président de l’OSCE, le Président BURKHALTER, qui doit être maintenant chargé d’utiliser ces drones, tous les drones, les drones allemands et les drones français, pour faire respecter, vérifier le respect du cessez-le-feu.

Ensuite, il y a également une discussion sur le processus électoral qui doit se tenir en Ukraine et qui doit être mené dans le respect de l’intégrité territoriale.

Enfin, il y a tout ce que nous devons obtenir de nos interlocuteurs pour la libération des prisonniers, et pour le désarmement de ces milices qui ont eu comme responsabilité des dizaines de morts depuis le début de ce conflit.

Donc les choses avancent, mais elles ne sont pas réglées. Elles ne le seront que dans le cadre d’un processus qui doit rester dans ce que nous avions défini le 6 juin, c’est-à-dire le dialogue entre d’abord les parties prenantes en Ukraine, et aussi la France et l’Allemagne qui sont prêtes à accompagner ce processus.

Il est très important que nous puissions aider à ce règlement de la crise ukrainienne, parce qu’elle pèse. Elle pèse d’abord sur les Ukrainiens qui souffrent, et je veux dire tous les Ukrainiens. Et il y a une situation alarmante sur le plan humanitaire.

C’est une situation qui pèse sur la Russie, qui subit des sanctions, dès lors que la Russie n’a pas complètement respecté ce qui était prévu, c’est-à-dire la pression indispensable sur les séparatistes.

Cette situation pèse sur l’Europe, parce qu’elle souffre à travers les sanctions aussi d’une situation économique, et donc d’une incertitude.

Cette situation, elle pèse sur le monde. Parce que, dès lors qu’il y a des risques, et notamment des mises en cause de ce que pourrait être l’intégrité territoriale, il y a effectivement un doute, dont on voit la conséquence sur les marchés.

Alors nous devons tous nous mobiliser pour que la crise ukrainienne trouve sa solution. La France et l’Allemagne ont montré qu’elles pouvaient jouer un rôle utile et nous en aurons, je l’espère, la démonstration dans la réunion qui se tiendra en début d’après-midi.

Merci.

 

Russie – Position du Président Poutine

Friday, October 17, 2014 -Answer to journalists’ questions following visit to Italy

(note. On doit observer qu’il n’y a absolument aucune évolution sur le fond de la position russe. Une seule chose intéresse en réalité le Président Poutine : la ligne de démarcation entre « Novorossiya » et l’Ukraine. Il ne donne aucun écho des exigences formulées au cours des discussions de Milan au sujet de la restauration de l’intégrité territoriale de l’Ukraine).

PRESIDENT OF RUSSIA VLADIMIR PUTIN: Good evening, colleagues.

 

I am ready to answer questions pertaining to the work that was done here over the past day and a half.

 

I want to start by saying that overall, in my view, this was a fruitful visit. I was able to talk with many of my colleagues, and not just within the framework of the ASEM Summit, where your humble servant talked about how we view the development of relations in the world and between different continents in fighting today’s issues pertaining to terrorism, infectious diseases and other current problems, but also during bilateral meetings with representatives from our partner nations in Asia and Europe. Overall, these talks were substantive and comprehensive, and I am certain they will help develop relations between Russia and its partners in Asia and Europe.

 

If you have questions, I will try to answer them.

 

QUESTION: Mr President, today you had several meetings on the sidelines of the summit. How do you assess the results of those meetings? We know you discussed Ukraine; what can we expect next?

 

Also, a question concerning the Ukrainian gas issue. Mr Poroshenko stated that you were able to reach certain agreements, and then added that you were not able to do so in all areas. Could you tell us about these talks in more detail?

 

VLADIMIR PUTIN: First, it is true that we spent a great deal of time discussing the Ukrainian problem, or rather, Ukrainian problems, as there are many of them. We talked about issues of security, a full ceasefire and disengaging the conflicting parties. We almost went as far as comparing our positions on maps. Although here, of course, we need first and foremost to rely on the opinion of experts and participants in the negotiations, and Russia, as you know, is not a participant; we can only help the conflicting parties resolve the problems that emerged earlier.

 

See also:

All news about working visit to Italy

October 16 – 17, 2014 → Visits Abroad

I would like to draw attention to the following. First, I agree with my colleagues that the Minsk agreements should serve as the benchmark in the settlement of the Ukrainian crisis. I want to note that these agreements, unfortunately, are not being fully fulfilled by either side. In other words, neither representatives of the Novorossiya self-defence forces nor Ukrainian representatives are currently complying with the agreements fully for a range of reasons. These include both objective and subjective reasons. However, I believe that all sides will strive to fully carry out these agreements.

 

Second, the line of demarcation should be finalised and implemented. That is precisely what will provide the opportunity to fully end shelling and the killing of peaceful, innocent people. This needs to be done as quickly as possible.

 

I have said that there are objective and subjective issues. For example, the self-defence forces were supposed to leave certain towns, but it turns out that some of the fighters in fact come from those towns. They say, “We cannot leave because our families – our wives and children – live there.” This seems like a subjective matter, but it is very serious. So it cannot be ignored. The Ukrainian side is aware of these problems. We will try to help, mediate and seek acceptable solutions.

 

The same is true of other places where members of the Ukrainian armed forces are still present, and in accordance with the Minsk agreements, they should have left, but they are not leaving yet. That is the first part.

 

The second part of the problem has to do with the law that was recently signed by the President of Ukraine. I know the reaction and opinions expressed by Novorossiya representatives. I suppose this is not an ideal document, but ultimately, it is a step in the right direction, and we count on it to also be used for a final solution to security problems.

 

There are some issues with monitoring the demarcation line. And here, we have made rather good progress, in my view, because we agreed that we will use unmanned aerial vehicles, modern equipment that allows us to determine the location of strikes, if they occur.

 

As far as the drones are concerned, Italy, France, and Germany have expressed willingness to work together on this, and Russia is participating as well. Experts will need to gather soon in Vienna within the OSCE framework and work out the technical issues. This is roughly the set of problems that we discussed with regard to security.

 

As for the gas-related problems you mentioned, yes, we gave a lot of attention to these issues, and made progress here as well. That progress pertains to our agreement with our Ukrainian partners on the conditions for renewing gas supplies to Ukraine (at least for the winter period) and on all the parameters for this agreement.

 

It is an issue of the National Joint Stock Company Nadra Ukrayny’s cash shortage. These are objective circumstances. Russia cannot take on any additional risks. The problem is that, as you know, we issued Ukraine a loan at the end of last year worth 3 billion dollars. According to our assessments, Ukraine owes 4.5 billion dollars for gas that has already been supplied but not paid for. Gazprom transitioned to a prepayment model and, in accordance with the contract, can no longer change the conditions of the supplies.

 

We understand our Ukrainian partners’ financial situation; we see that they truly do have problems and that they have a cash shortage. We also, once again, met them halfway to a certain degree regarding the conditions and volume of payments for the gas supplied earlier, in other words, on their debts, and expect that here, our European partners, the European Commission, will also help and, in my view, should even give Ukraine a boost and help resolve this cash shortage problem. There are certain instruments: either a bridge loan, or carrying over another IMF tranche, or a first class guarantee from the European Bank.

 

Go ahead.

 

QUESTION: A clarification concerning the ceasefire. Many volunteers from Russia arrived in the conflict zone. Most of them joined the Novorossiya fighters. Some even managed to get into the National Guard. In order to deescalate the conflict, what will happen with these people when they go back, if there is peace? In essence, they are breaking the law. They are almost like mercenaries. Is some kind of amnesty or guarantee possible?

 

VLADIMIR PUTIN: I think that if such problems occur, then they will need to be resolved in accordance with existing legislation. But I want to point out that it’s not just Russian citizens fighting in Ukraine. European media also report that there are people from Europe fighting in the conflict zone, and indeed, on both sides. I think that my colleagues and I will come to an agreement on how to proceed in the future. What’s most important is to end the bloodshed now.

 

QUESTION: Mr President, I would like to understand how the sanctions currently reflect on the Russian economy. The Euro is rising against the dollar, and both the dollar and euro are rising against the ruble; gas prices are dropping. What are the future prospects? Will certain social programmes be cut? What is the general margin of safety?

 

VLADIMIR PUTIN: The Russian budget is based on a calculation of $96 per barrel. Currently, the price is lower than $96, but I do not see any tragedy in this. First, this is now, and I think the price will even out and adjust. Moreover, I don’t think any of the serious market participants are interested in maintaining it at a low level – $80 or less, or just a little higher.

 

If we take Shell, the oil extracted in the United States, their break-even rate is $80. If global prices stay at a level of $80, then production will collapse. The main oil-producing nations also have a budget calculated based on a rate of $80-something, nobody there is interested in oil prices falling under $90 either. There are adjustments related to objective circumstances, first and foremost, the drop in the growth of the global economy, consumption is simply declining, and reserves in the United States have increased.

 

But we will see; forecasting is actually very difficult. In any case, I want to stress that Russia, the Russian Government, will undoubtedly fulfil all its social obligations. We have enough of a safety margin. Maybe we will need to adjust something in the budget. Maybe. Maybe we will even reduce some of our spending. But this will certainly not involve cuts in social spending. The Government of the Russian Federation will fulfil all its social obligations, and it is capable of doing this without any particular losses.

 

But naturally, we will not allow macroeconomic indicators in Russia’s economy to worsen. We will not follow the path of a drastic increase in the budget deficit.

 

QUESTION: I would still like to find out how you assess the drop in the ruble. You spoke about it quite calmly just now. You talked about oil and the drop in the global economy. Why do you feel this is happening? To what should we give credit, so to speak? Is it the sanctions? Is it oil? If it is oil, there is a theory out there that oil prices are manipulated by Saudi Arabia and the United States. This theory is very popular in Russia. I would like to hear your opinion on this matter.

 

VLADIMIR PUTIN: Regarding the Russian national currency exchange rate. Of course, one way or another, it is connected to the state of the economy, and the Russian economy, one way or another, is tied to the foreign markets, the international and global situation, particularly with regard to trade, oil and energy resource prices. Prices have declined, and thus, it is reflected on the economy and on budget revenues, and therefore, the national currency.

 

At the same time, I want to stress that Russia is one of the nations with the largest gold reserves. The Bank of Russia will pursue a balanced financial policy. This means that it will ultimately use elements of a floating exchange rate, and will not spend all its reserves mindlessly. But the reserve is sufficient to adjust the level of the national currency. I do not foresee any dramatic changes here. I am confident that when oil prices realign, the national currency exchange rate, the ruble exchange rate, will also shift.

 

QUESTION: Have the US sanctions had an impact?

 

VLADIMIR PUTIN: No, the sanctions… Of course, they’ve had an impact on the overall backdrop of the global economy, which is not so strong in any case; however, they are not a decisive factor. The decisive factor is the overall state of the global economy, which has not been able yet to get back to stable and efficient growth after the crisis of 2008-2009. All these years experts have been saying that the world economy is still in a state of stagnation and recession. Therefore, there has been nothing new in the past years. It did not become much better, although it did not become much worse either.

 

If you recall the expert assessments made three to four years ago, they used to say that there will be growth, but it will be very insignificant, gradual and even similar to stagnation in a way. That is exactly what is happening. Those who said so were right. However, I am more of an optimist than a pessimist and I believe that it will all gradually smooth out.

 

As for conspiracy theories, conspiracies are always possible. However, in this case they hit the conspirators the hardest, if they do exist. I have already mentioned that the budgets in the main oil producing countries are also based on oil prices, around $85-90 a barrel, I believe. That is one thing.

 

The other is the production of shale oil. The profit rate here is very high, and the price drop on the world markets will deal a very heavy blow to this type of activity in the United States as well. I do not think the American oil industry is interested in seeing this happen. We will see how things develop in the future. I believe there will be a positive adjustment.

 

REMARK: And what if it falls to $41…

 

VLADIMIR PUTIN: At this point, these are only speculations. There were times when oil prices fell even lower, the fall was greater, but we will not proceed from this premise.

 

In that case, we will use our reserves, the Bank of Russia has over $400 billion, and the Government of Russia has two reserve funds of almost $100 billion each. Therefore, overall, we feel quite confident; the world economy will continue to grow anyway, which means that the demand for energy resources will grow one way or another.

 

Finally, the most important aspect. Those sanctions we are talking about on the one hand do have a negative impact on us, of course: the markets may be closed to our financial institutions, and so forth. While on the other hand, this makes us work harder. If we need some high technology very badly and we cannot buy it, we will have to make it ourselves, and Russia can do it.

 

Russia can do just about anything, though this does require investment, the development of corresponding fields of research, of applied sciences and production. I assure you that I can see this happening. This is the other, positive side of the coin called sanctions.

 

QUESTION: Mr President, now that a very fragile peace has been established in Ukraine, can we say that Russia has failed to provide the necessary assistance to Donetsk and Lugansk? Many people were killed there and the infrastructure was destroyed. Will Russia help in any way to restore this infrastructure? Or this is a job for the Ukrainian authorities?

 

On the other hand, if, as you have said, they fail to find additional funds for gas, and the winter may be cold, if some cities in Ukraine go without heat, would Russia be ready in this situation to ship gas to Ukraine on credit?

 

VLADIMIR PUTIN: Russia will not ship anything on credit anymore. I will tell you why. First, this situation requires certain discipline on the part of the customer.

 

Second, as I said, we already lent them $3 billion at the end of last year. Our partners owe us $1.4 billion for the last two months of last year – November and December. This $1.4 billion is indisputable. Nobody is disputing last year’s supplies, but nobody wants to pay either.

 

$500 million remain to be paid for the first quarter of this year. Then, even as we were selling them gas at a knock-down price, you might say – $268.5 for 1,000 cubic metres, they still failed to pay us $500 million. They never paid anything for April, May or June – nothing! They simply stopped paying. All this adds up, according to our estimates, to $5.5 billion, if we take the price Ukraine was to pay for April, May and June at $485. However, we are willing to give them a $100 discount on that rate. In that case, the overall debt will come to $4.5 billion. We are being quite accommodating.

 

In addition, Gazprombank has given Ukraine a loan, or rather it has given Nadra Ukrayny a $1.8 billion loan. It has every right to require repayment, because one of the conditions was regular payment by Nadra Ukrayny, but they are not paying.

 

The same Gazprombank gave a $1.4 billion loan to a private business for the chemical industry. $4 or $5 billion worth of gas have been shipped and locked away by the Ukrainian Government in gas storage facilities. They are not letting the chemical industry use this gas, they keep it in storage. As a result, the chemical industry comes to a standstill. This, of course, is Ukraine’s internal affair. While our problem is easy to add up: $4.5 billion plus $1.8 billion, plus another $1.4 billion – that comes to around $10 billion. We simply cannot let this debt grow anymore.

 

I believe that in this situation our European partners should, as I have already said, lend Ukraine a helping hand. We are obviously helping, but we are taking a risk, we have taken on the risk. The Europeans should also take on some of the risk. The amount in question is minute compared to what we have lent Ukraine. It could be a bridge loan, or some first rate European bank could provide security – the amount would be several times less than what Russia has already provided, as I have said.

 

QUESTION: Russia is now strengthening relations with APEC states, with China, Japan and South Korea. How do you assess your current relations with Japan? Japan has joined the current sanctions against Russia.

 

VLADIMIR PUTIN: We are expanding our contacts with countries in Asia and the Pacific. This is not a political decision. This is because we have long been working in this direction, bearing in mind the economic growth rates in the Asia-Pacific region. It would have been foolhardy not to take advantage of the economic growth in China, or the technological advancement of Japan, or of our long-term good relations with the Republic of Korea, bearing in mind that our relations with North Korea are equally friendly and we could and should act as a mediator in resolving conflicts between the two states on the Korean peninsula. This is in our interests because we are Korea’s neighbour. Therefore, this is a path we have chosen a long time ago, and as I have said, it is not for political reasons that we are moving along this path.

 

Over to Japan. In the past few years, our relations with Japan have been developing steadily, both economic and political cooperation, including the search for a settlement in connection with the peace accord. It is unfortunate and did not happen on our initiative that Japan has practically stopped all political contacts. This has not been our choice, and we are ready to continue our relations with our friends in Japan, but the ball is in their court, as they say.

 

This is all. Thank you very much.

 

Pressestatement von Bundeskanzlerin Merkel anlässlich des X. Europäisch-Asiatischen Gipfeltreffens am 17. Oktober 2014

in Mailand

Meine Damen und Herren, der ASEM-Gipfel geht zu Ende. Ich kann berichten, dass es ein sehr fruchtbares Treffen war, auf dem die Gelegenheit bestand, mit vielen asiatischen Partnern die Positionen auszutauschen sowohl was die Wirtschaftslage als auch was die Frage von Konfliktlösungen sowie die Frage der großen Herausforderungen anbelangt, vor denen wir stehen, wie zum Beispiel IS oder auch die schreckliche Heimsuchung von Ebola.

Ich konnte eine ganze Reihe von bilateralen Gesprächen führen, die auch sehr hilfreich und sehr wichtig waren. Insofern war es ein gutes und weiterführendes Treffen. Denn es gibt viele, viele Gründe, dass die Europäische Union enger mit Asien zusammenarbeitet - nicht nur aus Gründen des Wirtschaftswachstums, sondern auch aus Gründen der internationalen Vernetzung und der Tatsache, dass kein Land alleine, auch keine Region alleine, die internationalen Probleme lösen kann.

Dann hat und wird es Gespräche mit dem russischen Präsidenten geben. Diese Gespräche kreisen natürlich im Wesentlichen um die Lösung der Konflikte mit der Ukraine. Hier kann ich bis jetzt keinerlei Durchbruch erkennen. Wir werden noch weiter reden. Es gibt in einigen Detailfragen durchaus Annäherungen. Aber der zentrale Punkt ist, ob die territoriale Integrität der Ukraine wirklich geachtet wird. In diesem Zusammenhang ist wiederum die zentrale Frage: Finden wir einen Weg, dass die Wahlen in der Region Donezk und Lugansk so stattfinden, dass dies auch wirklich mit ukrainischem Recht vereinbar ist? Können diese Wahlen transparent mit internationalen Beobachtern durchgeführt werden? Da gibt es bislang keinerlei Durchbruch.

Es ist wichtig, dass wir im Gespräch bleiben. Deshalb werden wir auch die Gespräche jetzt noch einmal im Normandie-Format fortsetzen. Gleichzeitig wird natürlich auch über die Frage der Gaslieferungen gesprochen. Aber das haben wir heute im Detail noch nicht getan.

Frage: Frau Bundeskanzlerin, hat es Fortschritte bei dem Plan gegeben, die russisch-ukrainische Grenze durch Drohnen zu überwachen?

BK'in Merkel: Der Plan der Drohnenüberwachung geht im Augenblick weniger um die russisch-ukrainische Grenze, sondern er geht um die Frage der Markierungslinie, wo sozusagen das Territorium der Gebiete Donezk und Lugansk ist, in dem Lokalwahlen stattfinden sollen. Hier gibt es sehr intensive Gespräche mit der OSZE. Das, würde ich sagen, kann sich in den nächsten Tagen etwas besser klären. Aber auch hier sind noch viele Einzelfragen zu besprechen, die des Weiteren in Wien mit der OSZE geklärt werden müssen. Aber hier hat Russland eine Offenheit gezeigt und ist gegebenenfalls auch bereit, sich an solchen Missionen zu beteiligen. Ich glaube, dort ist man etwas weiter. Der zentrale Punkt der Wahlen sieht bis jetzt allerdings noch keine Lösung vor.

Frage: Frau Bundeskanzlerin, Sie haben heute Nacht sehr lange mit dem russischen Präsidenten gesprochen. Haben Sie danach den Eindruck, dass er grundsätzlich seine Haltung geändert hat und versteht, was die Ukrainer und der Westen möchten?

BK'in Merkel: Es ist so, dass wir über die Geschichte und die Historie dieses Konfliktes sehr unterschiedliche Auffassungen haben. Es ist des Weiteren so, dass es ein Bekenntnis zu dem Minsker Friedensplan gibt, der von den Präsidenten Putin und Poroschenko auch unterstützt wurde. Wenn es dann um die Umsetzung der einzelnen Punkte geht, haben wir weiterhin große Divergenzen. Deshalb ist es gut, dass wir weiter sprechen. Aber ein Durchbruch ist, wie gesagt, bislang nicht in Sicht. – Danke schön!

 

President of Ukraine following the meeting with Russian President: “Certain progress has been achieved” in energy issues

Following the meeting with President of Russia Vladimir Putin, President of Ukraine Petro Poroshenko informed that “certain progress” had been achieved in energy issues.

 

“We haven’t managed to achieve practical results in gas issue. But we hope that by the meeting between delegations of Ukraine, Russia and the European Commission in Brussels that is to be held on October 21 we will have found the solution to energy issues,” the President informed.

 

According to the Head of State, both parties confirmed that Minsk protocol of September 5 and Minsk memorandum of September 19 are “the key documents that should define further actions”.

 

The President emphasized that the key elements were the ceasefire and practical steps on the control over its compliance through “monitoring and verification of the ceasefire with involvement of the OSCE”.

 

Moreover, the Presidents coordinated the increase of the number of UAVs from France and Germany at the first stage and from other countries at the second stage under the auspices of the OSCE.

 

“We agreed that additional equipment must be involved including video cameras, satellite systems and radars that will help define the guilty of violating the ceasefire,” Petro Poroshenko said.

 

President: Ukrainian delegation has fulfilled its task for Milan

President of Ukraine Petro Poroshenko notes that Ukrainian delegation has fulfilled its tasks for Milan.

 

"Ukraine arrived there with a very important mission - we had to preserve peace. In no way could we allow reconsideration of Minsk agreements. We had to ensure sustainable peace process," the President said in an interview to Ukrainian TV channels.

 

"All the participants of consultations stressed that our Peace plan, Minsk documents, including both Protocol and Memorandum are basic," Petro Poroshenko noted.

 

The Head of State informed that all the participants of negotiations emphasized the importance of implementing all the provisions of the Peace plan including holding of local elections in certain districts of Donetsk and Luhansk regions under the Ukrainian legislation. "So-called fake elections of November 2 or any other day will not and cannot be recognized by any participant of consultations unless they are held under the Ukrainian legislation, with adherence to the ceasefire regime and presence of international observers," he said.

 

The President noted that European leaders had demonstrated full support of Ukraine. "As for today, there is a clear and firm position that the abolishment of sanctions will not be discussed without a real progress, constant peace and fulfillment of all the provisions of MInsk memorandum. The EU demonstrated unity and solidarity with Ukraine," he informed.

 

La loi relative au statut spécial temporaire de certaines administrations locales dans les régions de Donetsk et de Lougansk, n° 1680-VII  adoptée le 16/09/2014 et promulguée le 16/10/2014